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Accommodements raisonnables: les médias font leur mea culpa

Marie-Ève Veillette par Marie-Ève Veillette
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Article mis en ligne le 7 décembre 2007 à 9:57
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Accommodements raisonnables: les médias font leur mea culpa
Le conseiller municipal de Hérouxville, André Drouin, a fait parler de lui lors du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Photo L'Hebdo/Marie-Eve Veillette
Accommodements raisonnables: les médias font leur mea culpa
Le code de vie adopté l’hiver dernier par Hérouxville a été l’élément déclencheur d’un cirque médiatique autour des accommodements raisonnables. D’ailleurs, les derniers mois semblent avoir été plutôt éprouvants pour la petite municipalité, assaillie de toutes parts par les médias. Ces derniers ont-ils dérapé face à la situation?
C’est, en quelque sorte, la question à laquelle les journalistes du Québec en entier ont été confrontés lors du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui se tenait à la fin novembre. Plus précisément, ils se sont demandés si les médias étaient déraisonnables sur les accommodements.

Quatre invités ont partagé leur point de vue devant une imposante assistance provenant d’à peu près tous les médias du Québec. Le chroniqueur Vincent Marissal de La Presse, la rédactrice en chef de L’actualité, Carole Beaulier, Me Julius Grey, avocat, et Rachid Raffa, président du Carrefour Culturel Sésame de Québec, se sont prononcés tour à tour sur le sujet, avant de laisser la parole au public.

C’est le chroniqueur Vincent Marissal qui a lancé la réflexion en ces termes: «Notre profession a déconné plus souvent qu’à son tour depuis un an dans le dossier des accommodements raisonnables. Ça n’a pas toujours été à l’honneur des journalistes.»

Quant à lui, Me Julius Grey a affirmé que l’affaire n’avait pas été présentée justement. «Il y a eu certains dérapages. Les médias ont fait des erreurs. Il y a eu des sottises et des mensonges, mais ils avaient raison de débattre cette question. De mon point de vue, ça n’a pas été si terrible.»

Carole Beaulieu a noté que certains journalistes avaient failli à leur métier à quelques reprises au cours des derniers mois. «Il y a de très bonnes choses qui ont été faites, mais il y a aussi des moments où l’on a erré. Les règles de base du métier n’ont pas toujours été respectées et la rigueur n’a pas toujours été de mise», s’est-elle désolée.

Rachid Raffa a, pour sa part, durement critiqué le travail des médias francophones du Québec. «S’ils n’ont pas créé la crise identitaire actuelle, ils y ont grandement contribué. Ils l’ont même alimentée démesurément au point d’en faire, à l’aide de politiciens en mal de gains électoraux, un vrai dérapage aboutissant à un délire identitaire. Cela, sur le dos de minorités religieuses non chrétiennes», a-t-il martelé.

La «blanchitude catholique francophone» des salles de rédaction a également été montrée du doigt durant l’atelier. «Ce n’est pas pour rien qu’on a été étonné et qu’on a fait soudainement de la chasse aux accommodements raisonnables, juge Vincent Marissal. Ça nous paraissait tellement nouveau, inédit, incroyable… Pourtant, dans une ville multiculturelle comme Montréal, il s’en fait tous les jours, des accommodements. Mais comme journalistes, on aime mieux parler des petits cas où il y a des accrocs, au cas où l’on tirerait sur un fil et que l’écharpe se déferait au complet.»
Hérouxville, l’incontournable…
Concernant l’affaire Hérouxville, certains journalistes se sont demandés s’ils auraient dû la taire. «On a donné une importance démesurée à ces gens d’Hérouxville que plusieurs, avouons-le, trouvent un peu extrémistes, estime M. Marissal. Parlons-en, mais assurons-nous que ce qui est anecdotique le reste.»
De son côté, Rachid Raffa a dénoncé le conseiller municipal André Drouin, de Hérouxville. «M. Drouin était mon voisin à l’Ancienne-Lorette. C’est un gars de la ville qui s’est installé près de Hérouxville pour des raisons que je n’ose pas dire. Là-bas, il passe pour le gars qui a deux paires d’yeux dans un monde d’aveugles. Il passe pour être le phare dans l’obscurité. Ce qui est le plus indigne, c’est qu’on l’a utilisé pour montrer qu’il y a un Québec profond, et même colon. Or, ce bonhomme ne représente aucunement la réalité de la ruralité québécoise.»

L’atelier s’est terminé sous la réflexion suivante de Vincent Marissal : «Les nuances n’ont pas toujours été à la hauteur de la profession. Maintenant qu’on a passé le traumatisme, on peut faire un peu mieux notre travail.»

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