Les Premiers quartiers se défont, petit à petit, de leur mauvaise réputation. Toutefois, la prostitution, la drogue et le coût des logements sont au cœur des préoccupations des résidents de ces secteurs. Photo, L'HEBDO JOURNAL
Des citoyens craignent la nuit
Les Premiers quartiers se défont progressivement de leur mauvaise réputation
Lorsque vient le temps de choisir un toit pour sa famille, une des premières préoccupations est celle concernant la sécurité du voisinage. Cette situation est d'autant plus vraie dans les Premiers quartiers trifluviens. Une rencontre entre les citoyens de ce secteur a permis de mettre en lumière divers problèmes telles la prostitution ou la vente de stupéfiants.
Pour Johanne B., qui demeure dans les Premiers quartiers depuis 11 ans, son secteur n'est pas pire qu'ailleurs. Par contre, ce qui sème un sentiment d'insécurité chez elle, c'est le fait qu'elle a des craintes de sortir de chez elle après 22 heures, de peur de se faire aborder par des clients à la recherche de prostituées. «Les véhicules qui nous arrêtent sur la rue nuisent à notre réputation de bonne citoyenne. Il y a même une dame qui a raconté qu'elle s'était fait agresser par une prostituée parce qu'elle marchait sur le trottoir. L'été, c'est certain que le soir je ne me promène pas sur la rue, car je ne suis pas tranquille», raconte-t-elle.
D'après Mme B., les gens ne sont pas à l'aise avec les méthodes de dénonciation offertes par la police. Les citoyens du secteur veulent enrayer les problématiques de drogue et de prostitution, mais aimeraient que le tout se fasse de façon plus anonyme que celles déjà proposées. «Nous voulons trouver des solutions concrètes. Cet été, il y avait une brigade instaurée par la Démarche des Premiers quartiers. De plus, nous aimerions qu'il y ait une plus grande présence policière ou, à tout le moins, des agents de sécurité qui patrouilleraient le quartier pendant la saison estivale. Avec la rencontre citoyenne du 22 novembre, nous avons confiance et nous avons le goût de nous donner la main pour que les choses continuent d'avancer. De plus, je crois que la Sécurité publique devrait être invitée à notre prochaine rencontre», fait observer Johanne.
Drogue, prostitution et coût des logements
Pour les citoyens des Premiers quartiers, le sentiment d'insécurité n'est pas le fruit d'un seul élément. «De l'insécurité, il y en a partout et ça englobe un paquet de points d'interrogation. C'est vrai que dans les Premiers quartiers il y a de la prostitution, c'est vrai qu'il y a des seringues, mais ça avance quand même et c'est beaucoup moins pire qu'auparavant. Il y a des efforts pour enrayer ces problématiques. Pour ma part, mon insécurité se porte surtout sur l'avenir de mon secteur. Je ne suis pas contre l'arrivée de condos, mais il va arriver quoi à mon logement dans quelques années», se questionne Mme B.
Partout pareil
Dernièrement, la Démarche des Premiers quartiers a eu l'idée d'organiser une rencontre citoyenne où chacun était libre de divulguer ses inquiétudes. Selon Johanne, il y avait énormément de sujets sur lesquels la quarantaine de personnes présentes auraient pu discuter, mais ce sont ceux de la prostitution et de la drogue qui sont revenus le plus souvent. «De la drogue et de la prostitution il y en a partout, mais c'est peut-être un peu plus important ici en raison de la proximité avec le centre-ville et le port. Heureusement, de nombreuses mesures ont été mises de l'avant et notre quartier ne s'en porte que mieux depuis ce temps», conclut-elle.