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Le pistolet électrique «Taser» encore utilisé

Malgré trois morts récentes, le ministère refuse un moratoire

Annabelle Laberge par Annabelle Laberge
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Article mis en ligne le 22 octobre 2007 à 14:23
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Le pistolet électrique «Taser» encore utilisé
Le pistolet Taser continuera d’être utilisé pour immobiliser un individu violent. L’Hebdo Journal
Le pistolet électrique «Taser» encore utilisé
Malgré trois morts récentes, le ministère refuse un moratoire
Le ministère de la Sécurité publique considère toujours que le Taser, ce pistolet électrique dont certains policiers se servent pour immobiliser des personnes agitées, a toujours sa place dans au Québec.
Malgré trois morts récentes au pays -dont la dernière à Québec il y a quelques jours- à la suite de l'utilisation de ce dispositif à impulsion électrique, le ministère s'est refusé lundi matin à considérer un moratoire sur son utilisation en attendant le dépôt d'un rapport commandé au sous-comité consultatif permanent en emploi de la force. Ce comité, qui a le mandat d'étudier les effets de l'utilisation du Taser sous l'angle médical, opérationnel, de la gestion et de la formation, devrait produire d'ici décembre des recommandations pour mieux encadrer la pratique policière visant l'utilisation du dispositif.

«Il est cependant important de souligner que le Taser n'est pas utilisé par tous les policiers du Québec. Actuellement, neuf corps de police possèdent le Taser. Ce sont généralement des unités d'intervention spéciales, des groupes d'intervention tactique, des superviseurs de patrouille ou des policiers responsables de la détention policière qui utilisent ce dispositif et qui ont reçu la formation s'y rattachant», a déclaré Robert Lafrenière, sous-ministre associé responsable des affaires policières.

Expliquant que l'utilisation du pistolet électrique était déjà encadrée par un rapport technique produit en 2005, Ronald Bélanger, expert-conseil en emploi de la force de l'École nationale de police du Québec à Nicolet, a fait valoir que l'utilisation du Taser n'était pas sans risques, mais que ceux-ci étaient considérés jusqu'à maintenant comme moindres par rapport à d'autres méthodes. «Il faut admettre qu'à certaines occasions les policiers auront à utiliser la force. Les autres techniques d'intervention physique, comme les prises de cou ou les immobilisations, ont aussi leurs limites et leurs risques, qui ont déjà été soulevés et examinés», a expliqué M. Bélanger. Il s'est dit convaincu que l'utilisation du pistolet, qui libère une décharge de 50 000 volts mais possède une faible fréquence de 2.1 milliampères, avait aidé à épargner des blessures et à sauver des vies. «C'est l'ampérage qui est important, c'est lui qui peut causer des blessures, apporter de l'arythmie», a souligné le Dr René Blais, directeur médical du Centre Antipoison du Québec.
Quelques chiffres
●Le Taser libère 50 000 volts à une fréquence de 2.1 milliampères.

●En comparaison, une prise domestique peut donner une décharge de 110 volts mais à environ 16 ampères, soit 60 hertz.

●Un choc d'électricité statique peut développer 30 000 volts mais ne cause pas de dommages physiques à cause de son très faible ampérage.

●Calculé en énergie, le Taser libère 3 joules. Un défibrillateur cardiaque peut dépasser 300 joules.

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