Cette photo témoigne du très bas niveau d'eau au club nautique La Batture, sur les berges de la rivière Nicolet. Remarquez le voilier, complètement incliné, faute d'eau pour le soutenir.Photo Le Courrier Sud
Même pas assez d'eau pour les chaloupes...
La rivière Nicolet connaîtrait sa pire sécheresse en 50 ans
Tous le savent, l'été a été doux et sans pluie. Une situation qui a affecté le niveau d'eau de nombreux cours d'eau dans la province, dont la rivière Nicolet où le niveau est si bas que les bateaux de plaisance ne peuvent plus circuler depuis le milieu du mois d'août.
Ça fait déjà cinq semaines que les bateaux ne peuvent plus sortir d'ici», explique Pierre Wibaut, du club nautique La Batture à Nicolet. «Il y a seulement les chaloupes qui peuvent encore circuler, et même, il y en a qui sont restées coincées.»
Le niveau d'eau est effectivement anormalement bas dans la rivière, tout comme dans de nombreux autres cours d'eau au Québec, dont le fleuve St-Laurent. Un peu partout, des langues de sable dénudées sont apparues, là où normalement se trouvent plusieurs pieds d'eau. «À certains endroits, c'est désolant. Devant l'hôpital à Nicolet, on peut traverser à pied» estime M. Wibaut, racontant que la situation était inédite dans la région. «On a beaucoup d'habitués ici. Tout le monde le dit: ça fait au moins cinquante ans qu'on n'a pas vu ça», lance-t-il. «La moitié des quais reposent sur le sol plutôt que dans l'eau et plusieurs bateaux sont en vraie cale sèche.»
Des affirmations corroborées par la marina de Ste-Angèle, dont la position sur le fleuve est un peu plus confortable à cause des marées mais qui voit tout de même un seuil quasi critique. «Ces jours-ci, à cause de la pleine lune, on a des marées de deux pieds. Ça nous donne une chance. Mais ce n'est pas la pleine lune tout le mois et souvent nos bateaux ne peuvent plus sortir», raconte Éric Thibodeau, gérant, affirmant du même coup avoir perdu clients et revenus dans l'histoire. «D'abord, j'ai quelques bateaux qui étaient à quai qui sont partis à la marina de Trois-Rivières pour être certains de pouvoir sortir. En plus, très souvent les visiteurs ne peuvent plus venir au restaurant ou sur la terrasse puisque qu'ils ne peuvent pas se rendre. Et j'ai eu beaucoup moins de descentes de bateaux.»
On pourrait croire que le souhait le plus cher de ces propriétaires serait donc un automne pluvieux, pour rattraper un peu l'été, or il n'en est pas exactement ainsi.
«L'eau est tellement basse que qu'il se met à pleuvoir beaucoup, le courant va être très fort dans la rivière et les berges fragilisées par la sécheresse vont partir. Ici, à Nicolet, on est à risque là-dessus. Le problème, c'est qu'il ya des arbres qui sont entraînés avec l'eau et qui se prennent dans les quais et les brisent. On appelle ça un coup d'eau», explique M. Wibaut, aux yeux de qui la saison 2007 est bel et bien finie… sur une mauvaise note.