René Schreiber ne s'est pas montré impressionné par la démonstration des maires de la MRC des Chenaux. Même qu'il compte contester l'injonction délivrée par la ministre Beauchamp à l'endroit de son entreprise. Photo L'Hebdo / Vicky Berthiaume
Le bras de fer se poursuit à Saint-Luc-de-Vincennes
Compostage Mauricie contestera l'injonction de la ministre Beauchamp
Suite à une requête en injonction annoncée par la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, à l’endroit de Compostage Mauricie, le directeur général de l’entreprise n’a pas tardé à répliquer. En effet, au cours d’un point de presse donné samedi à Saint-Luc-de-Vincennes, sur le site de l’entreprise, René Schreiber a annoncé qu’il entendait contester cette injonction.
Rappelons que cette requête a été déposée à la Cour supérieure par Mme Beauchamp, afin que Compostage Mauricie respecte les conclusions exécutoires de l’ordonnance qui lui a été signifiée le 23 mai dernier. Cette ordonnance vise la mise en place de correctifs majeurs permettant de réduire l’émission d’odeurs et de contaminants dans l’environnement.
Selon la ministre, celle-ci n’a été que partiellement respectée par l’entreprise jusqu’à maintenant. «Depuis la signification de l’ordonnance, le Ministère a reçu plusieurs plaintes à propos des activités de Compostage Mauricie, traduisant la préoccupation grandissante de la population de Saint-Luc-de-Vincennes envers les mauvaises odeurs qui émanent de l'entreprise. Je comprends tout à fait leur inquiétude devant cette situation qui affecte leur qualité de vie et leur droit à un environnement sain, et j'entends bien prendre tous les moyens légaux nécessaires afin de régler ce problème», a déclaré la ministre.
Selon les exigences de l'ordonnance, l'entreprise doit effectuer plusieurs travaux afin de redresser la situation, notamment en ce qui concerne l'aération des bassins d'accumulation des eaux de lixiviation, l'entretien du site, la gestion des opérations, la gestion de l'amas principal de matières organiques et l'étanchéité de la plateforme de compostage et des bassins.
Compostage Mauricie s’explique
Or, selon les dires de René Schreiber, le grand responsable dans toute cette affaire demeure le Ministère de l’Environnement. «Ce qui provoque en grosse partie les mauvaises odeurs et les plaintes, se sont les bassins d’accumulation des eaux de lixiviation. C’est le Ministère qui octroie les permis pour les bassins, permettant d’étendre l’eau sur nos champs agricoles. Cependant, depuis 2004, l’entreprise est toujours en attente du permis. Cela a évidemment provoqué une accumulation de l’eau dans les bassins et engendré de mauvaises odeurs», a expliqué le directeur général.
Par ailleurs, monsieur Schreiber a souligné qu’au cours des dernières années, les efforts de l’entreprise afin de restreindre les émanations s’avèrent considérables. «Depuis 2004, des actions concrètes ont été entreprises afin de remédier à la situation. Nous avons notamment fait installer des aérateurs pour les bassins et modernisé notre système de compostage. En 2006, nous avons également érigé quatre bâtiments qui servent à entreposer les déversements de produits de compostage, limitant ainsi les odeurs», a souligné René Schreiber.
Soulignons qu’une manifestation contre Compostage Mauricie, tenue par le maire de Saint-Luc-de-Vincennes, Jean-Claude Milot, s’était déroulée juste avant le point de presse, aux abords du site de l’entreprise. «Dans la foule, mes employés n’ont identifié qu’une quarantaine de résidants de Saint-Luc-de-Vincennes, ce qui ne représente que 10% de la population de la municipalité. Selon moi, cela envoie un message clair à la ministre, comme quoi les gens de la municipalité sont ouverts au dialogue», a conclu M. Schreiber.