Jean Chrétien ne garde pas de rancune personnelle envers ses adversaires. Il s'entretient ici avec le député bloquiste Jean-Yves Laforest. Photo L'Hebdo du St-Maurice/Hugo Lemay
«C'est dans la même nature que Dans la fosse aux lions»
Jean Chrétien lance le deuxième tome de ses mémoires le 16 octobre
«Je raconte les faits, je n'engueule pas beaucoup de monde. Je soulève des désaccords, mais je n'insulte personne. Vous savez, j'ai toujours été un bagarreur, mais je n'ai jamais été quelqu'un qui faisait des attaques très personnelles», explique Jean Chrétien lors de son passage à la première pelletée de terre du futur amphithéâtre de Shawinigan.
«Souvent, je répondais aux attaques de mes adversaires par des blagues. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux, la vie est trop courte», poursuit-il.
Le deuxième tome de sa biographie – le premier a été publié en 1985 – débute le 25 octobre 1993 à Shawinigan. C'est ce soir là qu'il redevient député de Saint-Maurice en plus d'accéder au poste de premier ministre du Canada.
«Je voulais finir la campagne avec ceux qui m'ont toujours aidé. Vous savez, Shawinigan et Chrétien, c'est intimement lié. Tout le monde au Canada sait que je suis le p'tit gars de Shawinigan.»
Du reste, peu d'éléments du livre toucheront son travail de député de Saint-Maurice aux Communes, ou de gens de la région prévient-il.
Passion politique sera lancé le 16 octobre aux Éditions Boréal. Il a été rédigé en compagnie du journaliste Ron Graham et du romancier Daniel Poliquin. Il traite notamment de son refus d'envoyer des militaires en Irak, les raisons qui l'ont amené à ratifier les accords de Kyoto, la loi sur la clarté référendaire, les surplus budgétaires, etc.
Il y aura des lancements à Montréal et Toronto, mais aussi à Shawinigan au cours d'un cocktail.
À 73 ans, il travaille toujours comme avocat-conseil chez Heenan-Blaikie, en compagnie de Peter Blaikie, un autre Shawiniganais, ancien candidat à la chefferie du Parti conservateur. «Il mesure 6'5''. On l'a surnommé le grand gars de Shawinigan!»
Cet été, M. Chrétien est allé promouvoir la démocratie au Congo dans le cadre des élections dans ce pays. «Je leur ai donné quelques conseils. Après tout, des observateurs internationaux allaient surveiller ce qui se passe.»
M. Chrétien observe un «devoir de retenue» en refusant de commenter la vie politique actuelle, entre autres en ce qui a trait aux accommodements raisonnables. (HL)