VIDÉO-REPORTAGE: Une performance honnête de Kenny Rogers
Isabelle Boulay l'accompagne pour une chanson
La visite de Kenny Rogers à Saint-Tite restera dans les annales. Le spectacle, lui… Kenny Rogers a offert une performance honnête à Saint-Tite, courte à 75 minutes. L'artiste de 69 ans a toutefois su rallier le public à sa cause en tout de fin de spectacle en enfilant quatre grands succès.
Une foule de 7500 personnes s'était rassemblée aux Grandes estrades pour le plus grand happening musical depuis Johnny Cash en 1984. Sa prestation lui a certes valu des applaudissements, mais le public s'est véritablement enflammé quand il a entonné coup sur coup à la fin du tour de chant «The Gambler» (avec quelques mesures hip-hop!), «Lucille», «Lady» et «Island in the Stream», qu'il chantait jadis en duo avec Dolly Parton.
Le moment fort de la soirée est survenu lorsque la foule a spontanément entonné le refrain «You picked the fine time to leave me, Lucille/Four hungry children and a crop in the field/I've had some bad time/Live thru some sad times/But this time your hurtin' wouldn't heal».
Surprise! Isabelle Boulay est montée sur scène pour une chanson avec ce spécialiste des duos. Moment de tendresse, apprécié par les spectateurs. «J'ai chanté avec Céline Dion quand elle avait 19 ans et elle est aussi bonne», a souligné la légende à la fin de la pièce. «Je suis chanceuse d'être ici, hein?», de renchérir Ia nouvelle porte-étendard du country québécois avec toute l'humilité qu'on lui connaît.
C'est un Kenny Rogers en pleine forme qui est monté sur scène. La barrière de la langue n'a toutefois pas aidé le chanteur pourtant en verve. En cours de spectacle, il a tenté d'embarquer la foule en chantant le refrain de «Have a Little Faith in Me», mais peine perdue.
Avant le spectacle, le sympathique artiste a pris une bonne quinzaine de minutes pour s'entretenir avec la presse.
«J'ai trouvé ça très excitant en arrivant à Saint-Tite cet après-midi. Tout ce monde qui se promène en ville à dos de cheval, c'est comme retourner dans un vieux film western. C'est cool! On ne voit pas ça très souvent», ont été ses premières impressions.
Ce papa de jumeaux de trois ans trouvait sympathique de venir dans la ville du cuir. «Je suis né à Houston, mais j'ai été élevé dans une petite ville comme ici. Il y a quelque chose de charmant à se produire ici.»
Kenny Rogers demeure un artiste sincère, ce qui lui a permis de durer selon lui. «Il y a trois personnes: il y a celle que vous percevez, celle que je pense que je suis, et celle que je suis réellement. Plus ces trois personnes sont proches, meilleures sont les chances de durer. Regardez Dolly Porton, elle est telle qu'on la connaît. Pareil pour Willie Nelson. C'était vrai pour Johnny Cash aussi. Je pense avoir toujours été authentique.»
Quant à l'évolution de la musique country, Rogers estime que toute forme d'art doit évoluer. «Il n'y a que le dixieland qui n'a pas changé depuis 60 ans. Ce qui rend la musique country si forte, c'est qu'elle aborde les problèmes personnels et suggère des façons de les résoudre.»
Même si ça fera 50 ans l'an prochain qu'il fait de la tournée, il n'a certes pas l'intention de s'arrêter à 69 ans. «Quand j'étais petit, ma mère m'a dit de trouver un job que j'aime, ainsi je ne travaillerais pas une seule journée dans ma vie. Pour être heureux, il faut quelqu'un qu'on aime, quelque chose à faire et quelque chose à espérer. C'est ce que la musique m'apporte. Je suis avec la même femme depuis 15 ans.»
Kenny Rogers remonte sur scène ce soir pour son deuxième spectacle à Saint-Tite à 21h.