De la parole aux actes
Nous reproduisons ci bas la lettre que nous a fait parvenir le président de l’Association générale des étudiants/es de l’UQTR, Benoît Langlois, annonçant sa démission.
Le 20 août dernier, j’ai déposé ma lettre de démission, à titre de président de l’Association générale des étudiants/es de l’UQTR (AGE UQTR). Quoique difficile à prendre, cette décision était justifiée considérant que mon statut de président limitait ma liberté de parole et d’action. Je crois à l’unité des étudiants et non à l’unité des représentants étudiants. Ma démission sera effective le 1 septembre 2007.
Depuis trop longtemps, les instances de certaines associations étudiantes du Québec sont minées par des carriéristes qui ne se soucient guère des véritables préoccupations des étudiants. Au dernier Congrès de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) d’août dernier, j’ai constaté – à nouveau – cette réalité qui m’attriste autant qu’elle me révolte.
Deux visions de l’éducation s’affrontent présentement au Québec : à droite, les tenants d’une éducation basée sur l’individualisme, c’est-à-dire que l’étudiant doit assumer un rôle accru dans le financement du réseau universitaire (le dégel des droits de scolarité en est un exemple patent) ; à gauche, les tenants d’un projet collectif où l’éducation est vue comme une priorité nationale et où l’État doit se réengager et ainsi contrer le désinvestissement.
Le gel des droits de scolarité est un mythe au Québec. Qu’on se le dise : jamais le gel n’a eu lieu. Sitôt annoncé en 1994, les institutions universitaires instauraient les frais afférents (ou connexes), qui ont depuis augmenté de 300 %. Cette situation est inacceptable. Via ces frais cachés, les universités financent la recherche et l’enseignement, ce qui est du ressort du gouvernement. Les fédérations étudiantes nationales ne veulent pas combattre ce dégel masqué qui appauvrit les étudiants depuis 1994.
Assez ! C’est maintenant aux étudiants à défendre leurs droits. Ensemble, les étudiants ne seront jamais mieux servis que par eux-mêmes. Depuis trop longtemps, certaines associations déresponsabilisent leurs membres. Lors du dernier congrès de la FEUQ, j’ai dit que j’étais prêt à mettre ma tête de président sur le billot pour lutter contre le désengagement de l’État. Je passe donc de la parole aux actes. J’ai bon espoir que l’âme militante du président de la FEUQ, Jean-Patrick Brady, comprendra le sens de mes paroles et de mes actes.
Benoît Langlois,
président démissionnaire de l’AGE UQTR