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50 ans de L’Hebdo Journal: le fondateur se souvient

Claude Bérubé, un pionnier de la presse hebdomadaire au Québec


Publié le 13 septembre 2017

Claude Bérubé tient fièrement un laminé de la première édition du Journal du Cap parue le 13 septembre 1967. Le lancement avait eu lieu au centre culturel de Cap-de-la-Madeleine, sur la rue Fusey.

©(Photo gracieuseté)

HISTOIRE. Il y a 50 ans, jour pour jour ce 13 septembre, était publié la première édition du Journal du Cap qui allait éventuellement devenir L’Hebdo Journal.

Dans ce numéro historique, l’éditeur-fondateur Claude Bérubé traçait dans une chronique le mandat qu’il donnait à son bébé: «Quel est ce médium d’information que vous tenez entre vos mains? Un médium local. Nous laissons le soin aux médiums régionaux tels que CHLN, CKTR, CKTM-TV et Le Nouvelliste de vous informer sur le plan régional, national et international. Nous nous spécialisons dans l’information du comté de Champlain. Le Cap de la Madeleine devient notre capitale. St-Adelphe, St-Prosper, Ste-Anne-de-la-Pérade, etc., tout le comté de Champlain devient notre centre d’intérêt; le centre de nos préoccupations.»

«Je les fatiguais avec mon journal. Tellement, qu’ils ont songé un temps à partir leur propre hebdomadaire pour me faire concurrence.»

Claude Bérubé  

C’est comme animateur à CKTR (devenu plus tard CJRT) puis CHLN que Claude Bérubé fait ses premiers pas dans l’univers médiatique au début des années 1960. Ses interventions en direct à la radio dans des commerces de Cap-de-la-Madeleine lui font réaliser qu’il y a une vitalité socio-économique dans ce secteur dont les médias régionaux ne témoignaient pas. «Ils n’en avaient que pour Trois-Rivières seulement», se rappelle Claude Bérubé qui coule aujourd’hui des jours paisibles à Saint-Cyrille-de-Wendover, dans le Centre-du-Québec.

Claude Bérubé: l’innovateur

Durant les premiers mois d’existence du Journal du Cap, l’hebdomadaire est vendu au coût de 15¢ l’exemplaire (ou 6$ pour un abonnement d’un an). L’objectif de Claude Bérubé d’augmenter le tirage à plus de 10 000 copies et de couvrir entièrement le comté de Champlain se bute toutefois à des difficultés. C’est là que l’éditeur a l’idée de génie de distribuer son journal gratuitement à toutes les portes de son territoire, suscitant ainsi l’intérêt des annonceurs trop heureux d’atteindre leur clientèle. «Nous avons été l’un des premiers au Québec à adopter ce système et cela a fait boule de neige par la suite dans la presse hebdomadaire», explique M. Bérubé.

Au fil des ans, ce dernier révolutionnera l’industrie en créant notamment l’ODC (Office de la distribution certifiée) qui venait en quelque sorte accorder un sceau de qualité à la distribution des hebdos auprès des annonceurs. Cet apport, ainsi que d’autres implications, lui vaudront l’honneur de recevoir L’Ordre des Hebdos lors du congrès de Hebdos Québec en 1990.

Même lorsqu’il a pris de l’expansion en lançant en 1971 L’Hebdo de Trois-Rivières, Claude Bérubé a toujours conservé un attachement à Cap-de-la-Madeleine, là où tout avait débuté. Cela s’est traduit notamment lorsqu’il a fusionné ses deux hebdos. «J’ai donné le nom de L’Hebdo Cap-de-la-Madeleine/Trois-Rivières mais j’ai tenu à ce que le nom Cap-de-la-Madeleine figure en premier», sourit-il.

Deux figures marquantes

Plusieurs artisans ont apposé leurs empreintes dans les pages de L’Hebdo Journal au cours des 50 ans dernières années mais Claude Bérubé se rappelle de deux noms marquants: Jean Dupont et Claude Loranger. Il décrit le premier comme son bras droit qui a été en mesure de concrétiser les idées de son patron au niveau administratif.

De Claude Loranger, l’ancien éditeur racontera que ses rubriques sportives à potins ont donné un style au journal. «Tout le monde voulait voir son nom dans ses chroniques. On a même exporté ça dans les autres sections du journal tellement les gens aimaient ça.»

Alors que l’ombre de la récession économique planait au début des années 1980, Claude Bérubé songe une première fois à vendre ses deux hebdos (il avait acquis en en 1971 L’Écho du Saint-Maurice renommé L’Hebdo du Saint-Maurice), son atelier de production et son réseau de distribution.

Sans qu’il n’affiche ses intentions publiquement, le groupe Gesca – aussi propriétaire du quotidien Le Nouvelliste – l’approche et une entente est finalement conclue en 1981. «Disons que je les fatiguais avec mon journal, se souvient Claude Bérubé. Tellement, qu’ils ont songé un temps à partir leur propre hebdomadaire pour me faire concurrence.»

Au fil du temps…

1967 : Premier numéro du Journal du Cap  (13 septembre)

1971 : Lancement de L’Hebdo de Trois-Rivières et nouveau nom pour le Journal du Cap qui devient L’Hebdo de Cap-de-la-Madeleine

1975 : Fusion des deux hebdos qui deviennent L’Hebdo Cap-de-la-Madeleine/Trois-Rivières

1981 : Acquisition de L’Hebdo Cap-de-la-Madeleine/Trois-Rivières par Gesca (Power Corporation et également propriétaire du quotidien Le Nouvelliste)

1985 : L’Hebdo Cap-de-la-Madeleine/Trois-Rivières change de nom pour L’Hebdo Journal

2001 : Acquisition de L’Hebdo Journal par le groupe Transcontinental

2017 : L’Hebdo Journal célèbre ses 50 ans