Un joyeux Noël à la Maison d'hébergement le FAR

Jonathan Cossette jonathan.cossette@tc.tc
Publié le 25 décembre 2013
La directrice de la Maison d'hébergement le FAR, Mme Johanne Lemay et Juline, intervenante à la Maison d'hébergement le FAR
Jonathan Cossette

Bien que les femmes et les enfants accueillis à la Maison d'hébergement le FAR vivent une période de vie difficile, le temps des Fêtes est un moment idéal pour leur faire vivre des moments festifs privilégiés.

«La fête de Noël représente pour plusieurs d’entre nous une période de retrouvailles et un moment de réjouissance. Plusieurs femmes en hébergement au FAR se retrouvent, seules, isolées, sans réseau, soit prises dans une des formes de violence conjugale, dite sociale, utilisées par le partenaire. Ses liens avec parents, frères, sœurs et ami(e)s se trouvent rompus. Cette grande solitude à laquelle elles sont confrontées explique notre préoccupation à leur offrir un espace distrayant pour Noël. Dans notre ressource, le sapin de Noël s'illumine depuis déjà quelques semaines à la demande des résidentes. D'ailleurs cette période sera parsemée d’activités diverses. Il en sera de même pour le jour de l’An. Les intervenantes, de concert avec les femmes et les enfants, prépareront un repas spécial afin que tous célèbrent dans la joie», explique la directrice de la Maison d'hébergement le FAR, Mme Johanne Lemay.

«Je travaille à ce projet justement. Nous préparons un repas des fêtes et un après-midi ponctué de jeux. Nous appliquons le même principe que celui utilisé lors d’interventions de groupes, c’est-à-dire que les idées doivent venir des femmes elles-mêmes», ajoute Juline, intervenante à la Maison d'hébergement le FAR.

Noël heureux

Dans certains cas, les femmes en seront à leur premier Noël sans stress et sans pression familiale depuis fort longtemps. «Chaque année, le père Noël distribue des cadeaux aux femmes et aux enfants hébergés. Certaines d’entre elles vivront, pour la première fois un Noël sans se soucier de l’éclosion possible d’une crise. Elles expérimenteront un Noël sous le signe de la convivialité et du plaisir. Pour quelques-unes, c'est aussi la première fois qu'elles recevront des présents», expliquait Mme Lemay.

Elle ajoute: «Souvent, les femmes victimes de violence conjugale se croient responsables du bonheur de la famille et elles hésitent à quitter le conjoint à la période des Fêtes croyant briser la magie de Noël. Le conjoint, en congé, est omniprésent et ça peut provoquer de fortes tensions pour le couple et les enfants. Malgré cela, elles vont décider de tolérer cette situation pendant la période des Fêtes d’autant plus qu’elles craignent, qu’en quittant la maison avec les enfants, ceux-ci ne soient davantage perturbés. Pourtant, les enfants exposés à la violence conjugale se sentent soulagés et en sécurité lorsqu’ils se présentent dans notre ressource. Ils sont d’ailleurs vite impressionnés par la salle de jeux. Au lendemain, souvent ils s’empressent de nous mentionner comment ils ont dormi paisiblement.»

La générosité

La Maison le FAR reçoit du support de tout ordre au cours de l'année, mais davantage lors de la période des Fêtes. «Depuis plus de 15 ans, une famille vient nous porter des denrées et des cadeaux pour les enfants. Deux autres familles se sont mobilisées pour faire des cadeaux aux enfants. Monsieur Gérald Garceau, animateur de vie spirituelle et d'engagement communautaire à l'école secondaire des Pionniers, jumelle des groupes d'étudiants à des familles qui ont résidé au FAR durant l'année. Le groupe remet des boîtes de denrées et de cadeaux à ces familles. N’est-ce pas le sens de Noël!», de conclure Mme Lemay.