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Un nouveau vignoble s'amène dans la région


Publié le 20 avril 2017

Renée Leroux et François Roussel, propriétaires du Domaine Les Pignons Verts, devant l'emplacement où seront plantées les 3 000 premières vignes.

©(Photo TC Media - Joanie Mailhot)

VITICULTURE. Un quatrième vignoble se prépare actuellement sur la Rive-Sud, à Précieux-Sang. Le projet de François Roussel et Renée Leroux, le Domaine Les Pignons Verts, en est à ses débuts et les premières vignes seront plantées prochainement, à la mi-juin.

Les premières démarches ont débuté en 2014, alors que le couple a consulté des professionnels pour procéder à l'analyse des sols et valider la faisabilité du projet. En 2015, ils ont commencé la préparation des sols, notamment en faisant le drainage des trois champs et en enlevant de nombreuses roches.

«On devait planter en 2016, mais on a décidé de retarder d'un an pour être vraiment prêt. L'an dernier, on a donc poursuivi la préparation et le nivellement des terrains. On a aussi profité de ce temps pour bien travailler notre plan d'affaires», explique François Roussel.

Pour s'assurer que tout soit fait dans les règles de l'art, le couple Roussel-Leroux s'est entouré d'un agronome et d'un œnologue.

Ainsi, à la mi-juin, ils seront fin prêts pour planter 3 000 vignes réparties en 4 cépages, soit 2 blancs et 2 rouges. «Évidemment, on sera partie prenante des travaux, mais pour la plantation, on va aussi faire appel au Groupement forestier de la région. L'idée est de rentabiliser le projet, donc plus vite on plante, mieux c'est», soutient le duo, précisant que la plantation se fera sur environ une parcelle sur trois.

D'ici 2020, ils estiment à 4 500 vignes qui seront plantées, au total. Cela dit, si la production va bien et que tout fonctionne à merveille, ils indiquent qu'il y aura encore de l'espace pour en planter de nouveau.

Leur plan d'affaires stipule qu'à terme, le vignoble Domaine Les Pignons Verts offrira 5 produits: 2 vins rouges, 2 vins blancs et 1 rosée. «On veut offrir un blanc et un rouge plus «communs», mais aussi un blanc et un rouge plus de type «réserve», qui répondront à une autre clientèle.»

De la recherche à la concrétisation

Le couple demeurait à Trois-Rivières quand il a eu envie de s'installer à la campagne, dans le but d'avoir une meilleure qualité de vie. «On s'est dit que tant qu'à déménager à la campagne, ce serait bien de cultiver quelque chose», raconte Renée Leroux.

Ils se sont mis à chercher quel type de culture ou de production ils pourraient faire. «On s'est finalement arrêté sur les vignes parce que c'est une activité qui se fait de façon graduelle, contrairement à une production animale, par exemple.»

Ils ont donc orienté leurs recherches dans l'idée d'y établir un vignoble. Le couple a trouvé le site idéal à Précieux-Sang, où ils ont acheté la maison et les terrains en 2013, puis déménagé en mars 2014.

Sur leurs terres, ils ont leur maison, de même que deux bâtiments agricoles et une seconde résidence, qui est louée pour le moment. «Éventuellement, si notre production va bien, cette 2e maison pourrait être transformée en chai, lieu où se déroule la vinification. On pourrait y vendre les produits», expriment les deux gestionnaires dans une entreprise de télécommunication.

Évidemment, un projet comme celui-là représente d'importants investissements. François Roussel et Renée Leroux n'ont pas dévoilé la nature exacte de leurs investissements jusqu'à présent, soulignant que ça dépendra beaucoup de l'orientation que le vignoble va prendre. «Par exemple, est-ce qu'on aménagera réellement un chai sur place? Et si oui, est-ce qu'on y vendra nos produits? Il y a beaucoup d'options sur la table et on a choisi d'y aller une étape à la fois, évoque Mme Leroux. On va commencer par planter et on verra les résultats dans 2-3 ans.»

Côté clientèle, le duo vise notamment les cyclistes, puisque le vignoble est situé à une intersection de circuits de vélo. «On n'est pas sur une route principale, mais il y a quand même une certaine circulation. On s'attend d'accueillir une clientèle qu'on appelle «excursionniste», c'est-à-dire des gens en vélo ou en moto, et évidemment, des automobilistes aussi», affirme François Roussel.

Il ajoute qu'à plus long terme, dans un horizon de 5 à 10 ans, pourraient être aménagés des espaces de pique-nique et un belvédère avec vue sur la rivière Bécancour. «On a un beau lieu, donc on aimerait que les gens profitent de leur visite ici pour relaxer, se ressourcer», exprime sa conjointe.

Un accueil favorable

François Roussel et Renée Leroux ont de bons contacts avec les autres vignerons de la région. «Ils ont une belle ouverture et on a été bien accueilli, assurent-ils. Dans le milieu, on se dit que plus il y a de joueurs, plus on peut attirer la clientèle. Ça devient avantageux pour le tourisme viticole.»