Le chantier va bon train chez Kruger

Marianne Côté marianne.cote@tc.tc
Publié le 3 novembre 2016

Kruger se prépare à lancer la production de carton recyclé à son usine de Trois-Rivières.

©Photo TC Media - Marianne Côté

ÉCONOMIE. Le 26 février 2017, la machine à papier numéro 10 à l’usine de Kruger à Trois-Rivières produira sa dernière bobine de papier journal. Plus de 350 ouvriers s'affaireront ensuite pour compléter la conversion. À 8h34, le 7 mai, la production de papier carton se mettra en marche.

Du moins, c’est la prédiction du vice-président de direction chez Kruger, Daniel Archambault. L’entreprise trifluvienne a convoqué les médias dans les coulisses du méga chantier afin de faire une petite mise à jour des travaux, jeudi matin.

Douze mois se sont déjà écoulés depuis l’annonce de l’investissement de 250 M$ pour la reconstruction de la machine à papier numéro 10 (MP10) installé en 1989 à l’usine trifluvienne. Surnomé TRansofrmation 2017, le projet vise à convertir la production de papier journal pour se diriger vers un marché concurrentiel en pleine croissance à travers le monde : les emballages en carton. 

Toutes les pièces du grand casse-tête se mettent en place afin de procéder à l’inauguration au printemps 2017. «Le projet se déroule dans le temps et selon le budget prévu», a lancé M. Archambault.

«La première phase, celle de la préparation, sera complétée dans les semaines à venir. À l’heure actuelle, près de 200 travailleurs s’affairent à compléter l’atelier de pâte recyclée lui-même construit dans un ancien bâtiment désaffecté fermé en 2009», a-t-il renchéri.

Une fois les vérifications opérations complétées, l’atelier sera prêt à démarrer juste à temps pour Noël. Au retour du congé des Fêtes, la phase finale s’enclenchera. «On va entrer dans la phase critique du projet», s’est réjouie la direction de l’usine.

La MP10 devra être arrêtée plus de deux mois afin de compléter les travaux de conversion. Durant ce laps de temps, près de 350 travailleurs s’activeront sur le chantier, et ce, jour et nuit. Au total, le projet représente 500 000 heures de construction, soit l’équivalent de 250 emplois à temps plein sur un an. Cela représente aussi 5 % de la main-d’œuvre québécoise dans le secteur industriel.

On va entrer dans la phase critique du projet Daniel Archambault, vice-président chez Kruger

Une perte de production sera à prévoir au printemps 2017, mais ce ne sera que partie remise. Une fois les modifications apportées, la machine fabriquera annuellement 360 000 tonnes métriques de carton doublure 100 % recyclé (XTR). La société sera d’ailleurs la première à en produire en Amérique du Nord.

Le tiers de la production sera utilisé par les usines d’emballages de Kruger à LaSalle et Brampton. Le reste sera écoulé sur le marché nord-américain.

À ce jour, 135 millions $ du budget global ont été engagés, dont 40 M$ auprès d’environ 80 fournisseurs locaux. Les retombées régionales directes sont quant à elles estimées à 80 millions $.

Un défi logistique

Avant de lancer ses nouvelles activités, la société doit aussi repenser sa stratégie d’entreposage et de manutention de sa matière première. Ce sont plus de 400 000 tonnes de vieux papiers qui passeront par l’usine trifluvienne, alors qu’actuellement, la machine a besoin d’environ 200 000 tonnes de copeaux pour fabriquer du papier journal.

«La matière première proviendra de partout dans l’Est de l’Amérique du Nord. Il va non seulement falloir se doter d’entrepôts, mais des stationnements et des routes devront être construits pour gérer la flotte de camions», a expliqué M. Archambault. 

Puisque les coûts de transports seront importants, Kruger privilégiera d’abord les fournisseurs de la région, notamment les chaînes d’épiceries et les commerces de détail, afin de s’approvisionner. 

Le projet en chiffres

- Investissement de 250 M$

- 360 000 tonnes métriques de carton seront produites annuellement

- 80 M$ de retombées régionales 

- 80 fournisseurs locaux impliqués

- 20 mois de travaux

- 350 ouvriers

- 500 000 heures de travail