Un marché aux puces ouvrira à Trois-Rivières


Publié le 1 février 2017

Le Marché aux puces de Trois-Rivières accueillera ses premiers visiteurs, dimanche le 5 février, dès 8h30.

©Photo TC Media - Marianne Côté

TROUVAILLES. Plus de quatre ans après la fermeture du Marché Phillips, les chasseurs de trésor trifluviens auront à nouveau leur propre caverne d’Ali Baba près de chez eux. Un nouveau marché aux puces remis au goût du jour ouvrira ses portes dans le secteur Cap-de-la-Madeleine dès 8h30, le dimanche 5 février.

Les rumeurs ont commencé à circuler entre internautes sur la toile, sans cesse alimentés par le bouche-à-oreille et une annonce vue près de 5 000 fois sur le site de petites annonces Kijiji. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’enthousiasme des gens et des commerçants désireux d’y installer leur table. « En quelques semaines seulement, la machine était partie », a lancé l’instigateur et propriétaire du marché aux puces de Trois-Rivières, Normand Bellefeuille.

L’homme aux mille et un projets a longtemps rêvé de posséder son propre marché. Un beau matin, il y a un an, il a décidé que ça se passait « maintenant ». Il a levé le voile sur son projet à TC Media.

Le marché aux puces s’est installé discrètement dans un local à louer du 180, rue de Grandmont. La bâtisse qui sert aujourd’hui d’entrepôt a notamment abrité une épicerie Super C. L’espace de 12 000 pieds carrés acquis par Normand Bellefeuille a aussi servi à la pratique du dekhockey jusqu’à tout récemment. 

Depuis janvier, à raison de cinq jours par semaine, l’entrepreneur s’occupe de transformer l’endroit en une petite mine d’or. 80 kiosques y ont été aménagés ainsi qu’un petit casse-croûte dans lequel on servira bientôt des hot-dog « à l'américaine » et du café Van Houtte. 

Un beau matin, le courtier immobilier de métier Normand Bellefeuille a décidé qu'il était l'heure d'ouvrir son propre marché aux puces.
Photo TC Media - Marianne Côté

Au moment de notre passage, Normand Bellefeuille portait d’ailleurs ses habits de construction et s’affairait à donner les dernières retouches.

Le propriétaire s’est arrêté le temps d’une visite des lieux. Là c’est la section des mesdames. Ici on retrouve un ébéniste. Ailleurs un kiosque d’instruments de musique. « Il y a vraiment de tout ! Des artisans, des bijoux, des vêtements, des produits naturels, des bonbons, des jouets, des outils, des cigarettes électroniques, des jeux vidéo et de l’électronique, des articles de chasse et pêche et même des électroménagers », énumère-t-il avec entrain.

Les commerçants ont pour la plupart déjà investi leur espace et ils sont prêts pour la journée d’inauguration. En effet, les 80 kiosques ont déjà tous trouvé preneur. Des tables seront toutefois mises à la disposition des vendeurs occasionnels.

« Ça s’est envolé en moins de trois semaines », s’est réjoui M. Bellefeuille.  Des gens de Trois-Rivières, de Shawinigan, de Drummondville et de Victoriaville se sont notamment empressés d’appeler pour réserver leur place à la suite de la publication sur Kijiji.

« Il y a une véritable demande. Il faut dire qu’il n’y a plus rien dans les alentours depuis un moment déjà », a-t-il noté.

Le dernier marché aux puces à Trois-Rivières, le Marché Phillips, a fermé ses portes en 2012, après 23 ans d’existence. Près de cinq ans plus tard, les Trifluviens auront un nouvel endroit où faire les emplettes en ville.

« Nous serons ouverts tous les dimanches. Le dimanche, c’est la manne pour ceux qui courent les marchés aux puces », a affirmé M. Bellefeuille, tout sourire.

Sans dire de chiffre, il s’attend à voir de nombreuses personnes à l’ouverture. Il faudra donc se lever tôt pour mettre la main sur l’une des 150 places de stationnements. 

« Plusieurs petits entrepreneurs »

Si vous craignez de perdre votre patience à parcourir un immense bric-à-brac qui s’empile, détrompez-vous ! « J’ai voulu que ce soit bien fait, propre et au goût du jour », a indiqué le propriétaire du nouveau marché aux puces trifluvien.

Il s’est donc assuré d’avoir de la variété chez ses commerçants. Pas question de retrouver la même chose des dizaines de fois. « J’aurais pu avoir six kiosques de jeux vidéo si j’avais voulu, mais les visiteurs n’auraient pas apprécié », a expliqué M. Bellefeuille.

La première phase d'aménagement des locaux de cet ancien Super C comprend 80 kiosques et une centaine de tables à l'avant.
Photo TC Media - Marianne Côté

Au final, ce sont plusieurs petits entrepreneurs, comme il aime le souligner, qui ont décidé de s’installer dans la bâtisse de la rue Grandmont. « La plupart de ces gens vendent également sur internet, mais les acheteurs potentiels aiment et aimeront toujours voir avant d’acheter », estime-t-il.

D’ailleurs, si les pages Facebook de ventes d’objets usagés gagnent en popularité et ralentissent les affaires des marchés aux puces ayant pignon sur rue, Normand Bellefeuille estime qu’il y aura toujours une clientèle friande de ce genre d’endroit. 

Un dimanche au marché aux puces

Lieu de rencontre, endroit idéal pour fouiner et théâtre d’intenses négociations ; même s’ils sont moins nombreux, les marchés aux puces attirent encore aujourd’hui les curieux par centaine.

Normand Bellefeuille fait lui-même partie de ceux qui choisissent de faire la tournée des brocantes le dimanche. « Tant qu’à ne pas savoir quoi faire, je vais fouiner. J’aime ça » lâche l’homme de 69 ans.

Outre le Marché aux puces de la Mauricie, à Shawinigan, il n’y a cependant pas d’autres adresses où fouiller les brocantes un dimanche à des centaines de kilomètres à la ronde. Il faut se rendre à Saint-Hyacinthe ou encore à Montréal pour en dégoter un autre.

«  Les gens d’ici se demandent souvent pourquoi il n’y en a plus à Trois-Rivières. J’ai donc décidé de l’ouvrir moi-même », a déclaré le courtier immobilier. En dehors de sa carrière, il a volé d’un projet à un autre. « J’ai toujours été en affaires. Dans ma jeunesse, j’ai ouvert plusieurs Radioshack (boutique d’électronique). J’ai aussi eu des bars et des restaurants. Imagine-toi, je ne savais même pas faire cuire un œuf ! » Aujourd’hui, c’est un marché aux puces !

- Et la retraite ?

« Je ralentis la cadence, mais la retraite, ce n’est pas pour tout de suite ! »

Déjà une deuxième phase

Une semaine avant l’ouverture, Normand Bellefeuille reçoit encore des coups de téléphone de vendeurs désirant louer un kiosque. « Je dois constamment refuser des gens, faute de place. Je prends toutefois les noms en note, au cas où un espace se libérerait. »

Une phase d’agrandissement est déjà dans ses cartons pour l’an prochain. « Je vais travailler sur ça ! », a-t-il assuré. L'acquisition du bâtiment et son aménagement auront déjà nécessité un investissement d'environ 40 000 $.