Crainte d'une compétition entre les cégeps

Audrey Leblanc audrey.leblanc@tc.tc
Publié le 6 décembre 2016

Jean Fournier et Luc Vandal

© Photo TC Media - Audrey Leblanc

ÉDUCATION. Le Cégep de Trois-Rivières et le Collège Shawinigan craignent que le gouvernement installe un climat de compétition entre les établissements d'enseignement collégial.

C'est que la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, entend modifier le Règlement sur le régime des études collégiales. Elle dit vouloir donner plus de flexibilité et d'autonomie aux cégeps sur la formation et la diplomation.

Depuis 1993, les compétences pour un DEC sont définies nationalement et les cégeps ont la possibilité de composer les cours d'une manière différente d'un collège à l'autre.

«La porte qui est ouverte maintenant, c'est que chaque collège puisse définir ses compétences. Ça mènerait à des DEC différents. On ne veut pas que les collèges deviennent en compétition pour leur DEC. On ne veut pas se retrouver  dans une situation où l'étudiant magasine son cégep pour aller chercher le DEC qu'il va être capable de faire le plus facilement ou encore le DEC qui va avoir une plus-value», soutient Luc Vandal, président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Shawinigan.

«Ce que nous annonce la ministre, c'est son intention de permettre la définition de compétences locales calquées sur des besoins ponctuels du marché, renchérit son homologue du Cégep de Trois-Rivières, Jean Fournier. Ça situe davantage la diplomation dans une logique utilitariste. C'est certain qu'on a une préoccupation pour que nos étudiants puissent se trouver de l'emploi. Pour ça, on a des stages et des alternances travail-études. Mais la formation, c'est plus que de répondre aux besoins du marché et, surtout, aux besoins immédiats du marché. On veut maintenir une formation globale et transversale.»

Les deux Syndicats veulent éviter une formation trop précise qui ne sera désuète dans plusieurs années. «Il y a des insistances qui sont faites en fonction de caractéristiques régionales. Il faut garder ça, mais il faut aussi garder une base commune, croit M. Fournier. On veut aussi éviter qu'un étudiant qui change d'école doive recommencer son DEC parce que les cours sont à ce point différent d'un collège à l'autre.»

Afin de préserver le caractère national des programmes et des diplômes, les deux Syndicats invitent la communauté à signer la pétition qui circule au Cégep de Trois-Rivières et au Collège Shawinigan. Cette pétition sera remise à l'Assemblée nationale le 15 décembre.