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Aventurier jusqu’au bout des orteils

Martin Sylvestre
Publié le 2 Mai 2012
Publié le 1 Mai 2012
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L’ADN de chaque être humain est différent. Alors que plusieurs choisissent de mener une petite vie paisible et rangée, d’autres empruntent une voie un peu plus périlleuse en décidant de repousser sans cesse leurs limites. C’est notamment le cas de l’aventurier Frédéric Dion.

Sujets :
Hebdo Journal , Québec , Alaska , Amérique centrale

Même s’il s’affiche clairement comme quelqu’un désireux de sortir des sentiers battus, Frédéric ne se sent pas différent des autres pour autant. Pour lui, être un aventurier ou un amateur de sports extrêmes est strictement une question de perception.

«Il y a l’aventure et l’aventurier. Pour moi, l’aventure c’est ce qui met de la couleur à la vie. C’est aussi chaque fois qu’on essaie d’aller plus loin que le chemin qu’on a déjà parcouru», informe-t-il.

«Il y a une phrase intéressante qui mentionne «c’est quand la dernière fois que tu as fait quelque chose pour la première fois?» Faire quelque chose pour la première fois, ça, c’est l’aventure. Avoir des enfants, construire une maison, etc. Bref, la vie est une aventure en soi», rajoute Frédéric.

Les sports extrêmes

Une fois que le concept d’aventure est bien assimilé, on peut un peu mieux décrire l’aventurier et l’amateur de sensations fortes.

«L’extrême est dans les yeux de la personne qui le voit. Personne ne considère extrême le fait de conduire une voiture alors que des gens meurent à chaque jour sur la route. Pour sa part, l’aventurier vit d’aventures et se déstabilise tout le temps. De grimper une paroi d’escalade, oui ça peut paraître impressionnant, mais si tout le monde le faisait ce serait banal. Je suis un père de famille avec deux enfants et ça je le considère extrême», fait mention le jeune homme dont un défi n’attends pas l’autre.

L’aventure jusqu’au bout des doigts

Bien plus qu’un simple emploi, le métier d’aventurier est une manière d’être. Une façon de vivre tellement forte que toutes les actions sont posées en ce sens.

«Je regarde toutes les conférences et tous les films d’aventure. De plus, je lis aussi tous les livres qui traitent du sujet, c’est mon dada. À ce titre, je recommande le livre Tragédie sur l’Everest, c’est le classique des classiques», fait-il part.

Sortir de sa zone de confort

L’escalade, le kayak, la course à pied, le ski, le cerf-volant à traction sont autant de disciplines dans lesquelles Frédéric a puisé pour accomplir ses exploits.

«Si je ne faisais que du kayak, oui je serais aventurier aux yeux de la société, mais je resterais dans ma routine. L’été dernier, je suis sorti de ma zone de confort en faisant mon aventure de course à pied», confie-t-il.

Mais pourquoi diable cet athlète de 34 ans relève des défis tout aussi invraisemblables les uns que les autres? L’Hebdo Journal a posé la question au principal intéressé.

«Tout simplement parce que je suis paresseux, car pour moi être entre quatre murs et travailler de neuf à cinq était difficile. Je me suis alors mis à trouver des idées plus originales pour aimer ce que je fais», fait mention Frédéric.

De tous les sports qu’il pratique, lequel lui manquerait le plus.

«Présentement, ce serait le cerf-volant (kite-surfing). Ici, nous ne sommes pas équipés pour faire du ski alpin alors qu’on peut faire du cerf-volant à traction partout. J’en fais aussitôt que j’ai un petit lousse», exprime-t-il.

Un modèle à suivre

Depuis qu’il a débuté ce mode de vie, notre aventurier des temps modernes a accompli de nombreuses choses dignes de mention. Nous n’avons qu’à penser à la traversée du Québec, à celle de l’Alaska ou de l’Amérique centrale qui ont fait l’objet de conférences. Toutefois, l’attrait des grands espaces et du plein air n’est pas venu du hasard. «J’ai eu plein de modèles, mes parents entre autres. Mon père a fait toutes sortes de choses comme du ski et du traîneau à chiens. J’ai également eu des mentors tels Jacques Bouffard, André Laperrière et Benoît Tremblay», établit-il. Maintenant, c’est à son tour de redonner au suivant en faisant des conférences un peu partout. «J’ai eu des héros dans ma vie et j’ai toujours été déçu. Ce que j’aurais le goût de dire aux jeunes c’est «sois ton propre héros». Agis comme tu aimerais que ton héros réagisse. Je ne fais pas mes conférences pour en être un, mais si ça inspire des jeunes c’est tant mieux. Moi, mon héros c’est Forrest Gump. Il ne s’est jamais posé la question s’il devait le faire ou non, il le faisait, et ce, même si c’est un niaiseux», avoue-t-il.

À venir

Ce n’est pas demain la veille que notre aventurier va prendre sa retraite. Déjà, il prépare sa prochaine grande expédition soit de revenir à son premier amour en retraversant le Québec de Baie-Comeau à Kuujjuaq en ski.

«En dix ans, ma vie a changé. J’ai maintenant des enfants et ma vision n’est plus la même. Pour moi ce serait une façon de faire un retour là-dessus et de revoir des endroits qui ont changé ma vie avec un œil différent», soutient-il.

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