Le Parkour, c’est un peu l’art du déplacement. Le but: se mouvoir d’un point A au point B le plus rapidement possible. C’est aussi de prendre conscience de son corps et de ses capacités pour être toujours plus efficace physiquement.
«On a tous déjà fait ça au primaire, dans le parc ou la cour de récréation, lorsqu’on grimpait sur le trapèze ou qu’on avançait en équilibre sur une poutre. C’est le même principe. C’est simplement de bouger!» affirme Guillaume Vermette, coordonnateur de PK3R (Parkour Trois-Rivières).«Mais au bout du compte, le Parkour s’est surtout inspiré des singes!» rigole-t-il.
À la différence que chaque mouvement est calculé, réduisant en grande partie les risques de blessure.
Pas d’improvisation
«Le mouvement que tu t’apprêtes à exécuter, tu le sens ou tu ne le sens pas. Il n’y a pas place à l’improvisation. Tu as plus de chances de te blesser en descendant des marches en discutant parce que tu es déconcentré. Avec le Parkour, tu es concentré et tu n’exécutes ton mouvement que si tu es certain de le réussir», avance Guillaume.
Le sport laisse tout de même une place à la créativité, notamment par les approches différentes et les nouvelles techniques à expérimenter.
«Mais ça ne consiste pas à faire des acrobaties. Certains traceurs (adeptes de Parkour) en intègrent dans leur pratique, mais ça vient contredire le principe d’efficacité du sport. Ce n’est ni de sauter de toit en toit comme certains films semblaient le montrer. Et puis, c’est quoi l’intérêt de se jeter en bas des toits? Monte-le, c’est bien plus dur!» précise-t-il.
Respect
Qu’ils se suspendent aux branches des arbres, qu’ils sautent au-dessus d’un banc ou qu’ils s’accrochent à une structure quelconque, les traceurs effectuent leurs mouvements dans le respect des gens et de l’environnement.
Un traceur «ébranle» une fleur? Cinq push-ups!
«On ne va pas sur les terrains résidentiels. Si des gens sont moins à l’aise avec notre présence ou nous demandent d’aller ailleurs, on s’en va. On n’est ni des voyous ni des vandales», assure le coordonnateur de PK3R.
Les filles
Ce n’est ni de sauter de toit en toit comme certains films semblaient le montrer - Guillaume Vermette, coordonnateur PK3R
L’intérêt de la population envers le Parkour grandit à Trois-Rivières, surtout auprès des jeunes adultes âgés de 20 à 30 ans.
«On ne retrouve pas beaucoup de filles qui en font à Trois-Rivières. Elles essaient et lâchent d’habitude. Ça demande beaucoup d’impulsion, c’est très musculaire et c’est peut-être un peu plus difficile pour une fille que pour un gars. Il faudrait qu’elles viennent en gang. Ça les motiverait sûrement», explique Guillaume.
Les débutants qui voudraient s’initier à la pratique du Parkour peuvent bénéficier d’ateliers offerts au Centre Landry en gymnase au cours de l’année. Le secret: commencer par des mouvements simples et augmenter la cadence peu à peu.
«Je pense que ça a beaucoup à apporter aux êtres humains, croit-t-il. Ça peut être une source de motivation assez forte pour bien manger, s’entraîner plus régulièrement…j’en ai même vu lâcher la drogue. Et pour les jeunes, ça devient une fierté d’avoir accompli quelque chose de différent.»

