Moins nombreuses qu’avant, les communautés de religieuses jouissent maintenant de latitude dans leur mode de vie.
Les tâches quotidiennes ont beaucoup changé. Avec une moyenne d’âge de 80 ans dans pratiquement toutes les communautés, il est difficile pour les religieuses d’être aussi actives qu’auparavant.
«Nous sommes environ 110 religieuses chez les Filles de Jésus. La plus âgée a 106 ans et la plus jeune a 49 ans. Environ une trentaine d’entre nous sont en forme et peuvent encore travailler ou siéger à des comités. Certaines enseignent encore, d’autres cuisinent, soignent les malades ou font du bénévolat. Les plus jeunes peuvent même partir en mission dans d’autres pays», explique Monique Brulé, responsable des communications de la communauté religieuse.
Malgré la nouvelle liberté dont elles jouissent, il y a très peu de relève. Certains laïques -appelés associés- viennent prier et partager le Charisme avec les sœurs, mais aucune recrue n’a été accueillie au monastère depuis plusieurs années.
«Il y a une équipe vocationnelle qui a pour tâche de faire connaître la vie religieuse, mais malheureusement au Québec, il n’y a pas de relève. C’est dans les pays du sud, en Amérique latine et au Pérou, que se développe notre jeunesse. Là-bas, les communautés sont en pleine expansion», assure sœur Michelle Allard, responsable du monastère des Ursulines.
«Le mode de vie a changé. Les jeunes filles qui s’engagent doivent vouloir vivre de nouveaux défis spirituels. L’appel de dieu est un appel du cœur», reprend-elle.
Une révolution
La vie des religieuses a radicalement été modifiée lors du IIe concile œcuménique du Vatican de 1962, plus couramment appelé Vatican II. Cet évènement est reconnu pour être la révolution la plus marquante de l’histoire de l’église. Ce concile symbolise l’ouverture du clergé au monde moderne et à la culture contemporaine.
Depuis la mise en vigueur de ces nouvelles législations, les religieuses se sont éloignées de l’image préconçue que plusieurs s’en faisaient.
«Aujourd’hui, je porte des robes, des jupes, des bermudas et même des jeans. Nous n’avons plus de code vestimentaire. Ce qui nous identifie et nous lie à notre communauté est le collier avec la croix que doivent porter toutes les sœurs. Chaque association en a une différente», explique sœur Lucie Larouche, Fille de Jésus.
Au fil des ans, le climat s’est adouci. Les ordres et affectations que les religieuses se voyaient octroyés autrefois sont maintenant discutables.
«Notre obédience est maintenant attribuée selon nos aptitudes. Il y a beaucoup plus de dialogue et cela nous rend plus autonomes», soutient sœur Lucie.
La vie des religieuses modernes ressemble peu à celle d’une sœur cloîtrée. Les liens familiaux avec les gens de l’extérieur sont encouragés. Les religieuses peuvent aussi quitter le couvent quelques semaines afin de visiter leur parenté ou simplement pour voyager.
Au début de chaque année, elles font un budget afin de répartir l’argent de la communauté selon les besoins de chacune.
«Nous avons une partie du budget qui est consacrée aux loisirs. Les sœurs ne font pas juste prier. Elles vont au cinéma et au théâtre», dit-elle, amusée.

