«Le gouvernement du Canada doit admettre et assumer sa part de responsabilité dans ce désastre qui touche au-delà de 1000 familles de la Mauricie» précise le représentant des victimes, Yvon Boivin.
Malgré la découverte d’une quarantaine de résidences affectées par la pyrrhotite il y a 12 ans en Mauricie, les organismes fédéraux de normalisation n’ont pas jugé opportun de modifier la norme canadienne sur la qualité du béton (A-23.1) afin d’en préciser et clarifier la portée. Cette inaction du fédéral a fait en sorte que nous nous retrouvons aujourd’hui avec un désastre d’une ampleur sans précédent, fait remarquer la Coalition.
«Le gouvernement fédéral de l’époque a fermé les yeux sur un désastre annoncé et il refuse aujourd’hui de supporter ceux et celles qui ont perdu la quiétude de leur milieu de vie à cause d’un tel laxisme. Il a laissé les portes grandes ouvertes à l’industrie du béton et de la construction pour nous livrer des matériaux infestés de pyrrhotite alors qu’il avait en main la clé pour éviter la répétition d’un tel drame humain et financier en modifiant tout simplement la norme sur le béton afin de la rendre aussi précise que celle en Europe», ajoute M. Boivin.
De plus, considérant l’implication indirecte de la SCHL qui assure l’hypothèque de plusieurs résidences touchées par ce vice, il est complètement faux de prétendre, comme le soutien certains ministres du gouvernement Harper, que ce dossier relève d’une stricte responsabilité provinciale, explique la coalition dans le communiqué de presse.
Selon l’organisme, la SCHL est un organisme qui relève du gouvernement fédéral. Sans l’aide d’Ottawa, plusieurs familles affectées pourraient ne pas avoir la capacité financière et psychologique de faire face à la musique en attente des recours civils qui sont engagés et dont l’issu et la durée sont imprévisibles.
La SCHL, explique la Coalition, pourrait alors se retrouver avec un inventaire de plusieurs résidences aux prises avec la pyrrhotite qui ne valent plus rien, dans l’éventualité où les victimes concernées remettaient leur clé à leurs institutions bancaires.
Qui plus est, ajoute la Coalition, le gouvernement du Canada, par le biais de la SCHL, s’est impliqué dans un programme d’aide fédéral-provincial destiné aux victimes de la pyrite de la grande région de Montréal.
Or la pyrite et la pyrrhotite sont deux agrégats de même nature, le premier ayant affecté les dalles de béton des sous-sols, l’autre faisant fissurer les fondations.
Comment, se demande la Coalition, le gouvernement canadien peut-il ainsi justifier son refus d’aider 1000 familles de la Mauricie alors qu’il est venu en aide à autant de canadiennes et canadiens dans une autre région de la même province pour un vice de construction pourtant beaucoup moins désastreux. Est-ce que le gouvernement de M. Harper veut ainsi créer deux classes de citoyens canadiens, ceux qui demeurent en Mauricie et les autres ?
Nous savons, lit-on dans le communiqué de presse, que le défunt programme de la pyrite a dégagé un surplus de 13 M$ que nous demandons tout simplement de réinvestir dans un programme destiné cette fois aux victimes de la pyrrhotite.
Finalement, estime la Coalition, la seule crise de pyrrhotite de la Mauricie permettra au gouvernement du Canada d’enrichir ses coffres d’au-delà de 10 M$ sur le dos des victimes par le biais de la TPS prélevée sur le coût des travaux estimés globalement à plus de 230 M$.
«Nous demandons au gouvernement du Canada de retourner ces montants de taxes perçus dans un programme d’aide destiné aux victimes de la pyrrhotite» précise M. Boivin.
(Source Coalition Proprio-Béton)
