En général, la société valorise l’entrée sur le marché du travail car une mère scolarisée qui occupe un bon emploi sera une payeuse de taxe et d’impôts. Selon Stéphane Roy, professeur au Collège Laflèche et sociologue, l’inaccessibilité aux services de garde était le principal facteur qui gardait les femmes à la maison.
«Le gouvernement fait plus d’argent qu’il n’en dépense en offrant des garderies à 7$. Cela incite les femmes à se scolariser et à travailler. La scolarité est un facteur très important dans la décision de rester ou non au foyer», explique-t-il.
Selon le professeur, l’éducation sème de nouvelles valeurs. La femme éprouve alors le besoin de s’épanouir et cherche à se valoriser.
«Avant la maternité était le principal facteur d’accomplissement. Lorsque les femmes devenaient mère, elles avaient un statut social. Maintenant, elles femmes peuvent trouver cette valorisation et cette identité au travail», soutient le sociologue.
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Pas une question d’argent
Contrairement à la pensée populaire, l’argent ne serait pas la principale cause du retour des femmes sur le marché du travail.
«L’argent pèse certainement dans la balance mais il y a aussi beaucoup de gens qui se trouvent un emploi pour renforcer leur réseau social. De plus en plus de d’individus se définissent par leur travail. À Noël, lorsque les membres de la famille demandent ce que tu fais de bon, ils ne veulent pas savoir si tu fais du ski ou si tu aimes la peinture. Ils veulent savoir où et pour qui tu travailles», s’exclame Stéphane Roy.
L’importance de la vie sociale, Marthe Tétreault directrice générale du Centre ressources naissance, l’observe tous les jours. «Nous offrons des groupes pour différentes activités mais ce sont souvent des prétextes pour se rassembler. Les femmes de 25 à 35 ans ont grandi dans les réseaux sociaux, il est difficile pour elles de rester à la maison. Elles ont besoin de contacts physiques et de bonnes discussions. Elles veulent se valider auprès des autres», fait savoir la responsable de l’organisme.
Un troisième enfant déterminant
Être mère au foyer peut être marginal mais il n’est pas rare de voir des familles mettre leur carrière en veilleuse pour élever leurs enfants.
«Dans certain cas, les parents déclinent des promotions ou refusent de faire du temps supplémentaire afin de passer un maximum de temps avec leurs enfants. Ils ne se retirent pas complètement du marché du travail mais ils y sont beaucoup moins présents», prétend le professeur du Collège Lafèche en précisant que les géniteurs retournent habituellement au travail lorsque leurs enfants commencent la petite école.
Le nombre d’enfants influence également la décision des couples. Le sociologue affirme que l’arrivée du troisième enfant est le moment décisif.
«Pour des questions de logistique, beaucoup de mères décident de rester à la maison lorsqu’elles ont un troisième bébé», explique-t-il. Après un calcul, elles réalisent que, financièrement, c’est plus avantageux que de payer pour les faire garder.
Mme Tétreault souligne la chance qu’ont les jeunes mères de pouvoir retourner si facilement à l’école.
«Il y a plein de programmes gouvernementaux qui favorisent le retour au travail ou à l’école des femmes après un accouchement. Une femme peut rester avec son enfant et décider que le jour où ça ne fera plus, elle retournera à ses occupations», atteste-t-elle.

