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Il n’y a pas d’âge pour avoir un enfant

Laury est accompagné de sa petite fille Béatrice et de son intervenante Marie-Ève. Photo, Sylvie Branch

Laury est accompagné de sa petite fille Béatrice et de son intervenante Marie-Ève. Photo, Sylvie Branch

Sylvie Branch
Publié le 2 Novembre 2011
Publié le 2 Novembre 2011
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Tomber enceinte à 15 ans et être mère de quatre enfants huit ans plus tard. Malgré les préjugés, Laury est d’avis qu’il n’y a pas d’âge pour avoir un enfant. L’important c’est d’avoir la maturité pour bien élever notre marmaille.

Sujets :
CSSS , Trois-Rivières

«Souvent, les gens vont penser que tu es une mère qui n’a pas d’allure si tu as un enfant à 15 ans parce que selon eux tu ne seras pas capable de les élever et de t’en occuper. Ce n’est pas parce que tu as un enfant jeune que tu es une mère irresponsable. Ce ne sont pas toutes les mères de 15, 16 ou 17 ans qui sont irresponsables. Il y a des mères de 30 ans qui sont encore moins responsables qu’une de 15 ans», raconte Laury.

La jeune mère est tombée enceinte de son premier à l’âge de 15 ans, a accouché à 16 ans et maintenant elle est âgée de 23 ans et a quatre enfants: Loïk six ans, Taïson quatre ans, Béatrice deux ans et Sydney Alicia un an.

«À l’époque, j’habitais en famille d’accueil. C’est mon intervenante qui m’a expliqué les trois choix qui s’offraient à moi. Déjà au départ, je penchais plus pour le garder. C’était important pour moi parce que c’est un être vivant.»

Il est quand même peu fréquent de voir une adolescente enceinte. Les réactions ont été mitigées dans l’entourage de la jeune femme. Ses parents ont eu un choc, mais ils ont vite changé d’idée et ont supporté leur fille.

Avec un certain recul, Laury est heureuse du chemin parcouru et de ses décisions.

«Je pense que j’avais la maturité pour avoir un enfant. Je n’étais pas quelqu’un qui sortait beaucoup.»

L’école ou les couches

Lorsqu’elle était enceinte de son premier, Laury n’a pas eu le choix de quitter les bancs d’école. Mais elle savait que ce n’était pas pour longtemps. Deux ans plus tard, elle recommençait ses cours. Aujourd’hui, il lui reste un livre à compléter à la formation à distance pour obtenir son diplôme d’études secondaires.

«C’était important pour moi de terminer l’école parce que je voulais montrer le bon exemple à mes enfants pour qu’ils comprennent que l’école c’est important et je voulais aussi le faire pour moi.»

Après l’obtention de son diplôme, la maman aimerait suivre une formation pour aider les femmes victimes de violence. Son premier choix aurait été de suivre un cours pour devenir intervenante sociale, mais avec sa vie familiale, ce cours implique trop d’études.

Elle songe peut-être aussi à devenir intervenante afin d’accompagner les jeunes mamans dans leur grossesse.

«À force de voir les gens qui m’ont aidée ça m’a donné le goût de faire ça. J’aimerais aider d’autres mamans qui vont vivre la même expérience que moi.»

Elle n’a aucun regret face aux décisions qu’elle a prises dans sa vie et est heureuse dans son rôle de maman.

«La seule chose qui aurait été différente si je n’avais pas eu d’enfants je pense que c’est seulement au niveau des études. J’aurais sûrement été faire mon cours de travailleuse sociale. En même temps, mes expériences de vie m’ont permis de trouver une branche que j’aime.»

Si c’était à refaire

Pour élever quatre enfants en étant mère monoparentale Laury a eu besoin de l’aide de ses proches. Elle a aussi appris à se débrouiller. À l’époque elle vivait encore avec le père de ses enfants, mais aujourd’hui ils sont séparés.

«J’ai eu recours aux programmes de soutiens au CLSC, ma famille et mes amis m’ont aussi aidée. Pas mal tout le monde a mis la main à la pâte! Si c’était à recommencer, je ferais la même chose. Je n’ai jamais regretté d’avoir gardé mes enfants.»

«Si c’était à recommencer, je ferais la même chose. Je n’ai jamais regretté d’avoir gardé mes enfants.» -

Son fils le plus vieux a maintenant six ans et il est d’une grande aide pour la jeune maman. Il a lui aussi acquis beaucoup de maturité.

«Loïk m’aide beaucoup surtout dans les premiers temps où je me suis retrouvée seule à la maison. Par exemple, quand je donnais un bain à la plus jeune et que Béatrice voulait quelque chose c’était impossible pour moi de le faire puisque l’autre était dans le bain. Loïk se faisait un plaisir d’aider sa sœur et sa mère en même temps. J’ai la chance d’avoir de bons enfants!»

Tout se fait!

Selon elle, il n’y a pas de bonnes raisons de s’empêcher de faire des activités à cause des enfants.

«Tout se fait! Il y a des gens qui s’empêchent de faire des sorties, mais selon moi à part aller dans des bars je ne vois pas une activité que tu ne peux pas faire avec tes enfants. Tu peux aller jouer dehors, à la bibliothèque, te promener au centre-ville et plein d’autres choses. Ce n’est pas vrai que tu dois t’empêcher de vivre quand tu as des enfants!»

Tout n’est pas toujours rose non plus. Laury doit constamment s’adapter et s’organiser, mais ce ne sont pas des choses qui lui font peur.

«C’est difficile l’hiver sortir avec les enfants, mais tu t’habitues. Pendant que tu mets l’habit d’hiver à un, l’autre enlève ses bottes. Tu dois donc recommencer, mais tu finis par t’habituer.»

Laury fait partie du programme Soutiens aux jeunes parents offert par le service intégré en périnatalité et en petite enfance du Centre de santé et services sociaux (CSSS) de Trois-Rivières.

«Lorsque j’ai des questions, j’ai la chance de pouvoir les poser aux intervenantes et ça m’aide. C’est important pour moi de bien élever mes enfants et je ne veux pas faire d’erreurs.»

Rendu au quatrième enfant, la mère a appris à développer des trucs, mais elle est constamment en apprentissage elle aussi.

«Chaque enfant est différent. C’est sûr qu’avec quatre enfants tu sais comment changer des couches ou donner un bain, mais au niveau de l’éducation ce n’est pas pareil pour aucun. L’avantage d’avoir quatre enfants dans les mêmes âges c’est qu’ils jouent ensemble et c’est moins demandant pour moi. Ça me permet de m’occuper d’autre chose pendant qu’ils s’amusent.»

Avoir un enfant entre 15 et 17 ans n’a rien à voir avec le fait d’être une bonne mère ou non selon Laury.

«Il y a deux manières de voir ça. Il y a des gens qui trouvent que je me débrouille bien, mais d’autres vont me dire: «si tu n’avais pas eu d’enfants tu aurais peut-être des études et une carrière». Moi je n’ai pas de regrets et je fais tout ce que je peux pour bien élever mes enfants et pour qu’ils ne manquent de rien.»

À lire aussi: Les mères ados ne sont pas seules

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Marie M Lemieux
    - 2 Novembre 2011 à 17:25:30

    Jeune fille courageuse et qui a pris la bonne décision. La vie avant tout. Et on apprend de différentes façons, pas seulement sur les bancs de l'école. Bravo.

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