Selon le site web de l'organisme Equiterre, six producteurs maraîchers et de viandes provenant de la Mauricie sont actuellement certifiés Québec Vrai, un organisme à but non lucratif formé et dirigé par ses membres, soit des producteurs, des transformateurs et des distributeurs, ainsi que des grossistes, des détaillants et des emballeurs. En ajoutant les producteurs fromagers et les agriculteurs, ce nombre grimpe à 18.
Beau, mais chimique; goûteux et griffé
Jacques Dehais, producteur aux Serres de la Nouvelle-France à Charrette, offre des produits exclusivement biologiques depuis plusieurs années.
«Il y a des produits chimiques partout, dans tout ce que les gens mangent. On s'intoxique à petit feu! L'organisme en tolère, mais rendu à la fin, on nous diagnostique un cancer du côlon, un cancer du ci et du ça. C'est pour diminuer les risques que je me suis mis à la culture bio. Plusieurs personnes ont remarqué que certaines tomates vendues à l'épicerie n'ont pas de goût, mais que les tomates qui poussent dans leur jardin en ont. C'est simple: les tomates de leur jardin, comme les tomates biologiques, poussent comme dans le temps de nos grands-mères. Lorsqu'on leur laisse le temps de mûrir naturellement, sans produits chimiques pour les booster afin de récolter plus vite, ça goûte plus», explique-t-il.
Pour être certifiés Québec Vrai, les producteurs doivent remplir une liste de conditions assez strictes, à commencer par l'interdiction d'utiliser des pesticides chimiques. C'est l'une des raisons pourquoi les fruits et légumes biologiques présentent parfois une apparence moins attirante.
«Nous achetons des petits prédateurs qui mangent les pucerons et les mouches blanches. C'est coûteux, mais ça fonctionne. Toutefois, on ne peut absolument rien faire contre les thrips, une autre sorte d'insecte. Les produits chimiques ont raison d'eux, mais à ce jour, il n'y a aucun moyen naturel de s'en débarrasser. Ces petits parasites s'attaquent entre autres aux concombres, aux poivrons et aux tomates. C'est à eux que nous devons de petites lignes sur la peau de nos légumes. À première vue, on dirait des petits coups de griffes. Toutefois, il n'y a aucun problème à les manger comme cela. Les gens doivent s'attarder à la qualité des aliments et au goût avant l'apparence», soutient-il.
En justice contre la ville de Saint-Barnabé
Ce producteur de Charrette est alimenté en eau potable par la municipalité de Saint-Barnabé. La tuyauterie municipale est désuète et l'excès de fer dans l'eau lui cause toutes sortes d'ennuis.
«Dans un premier temps, j'ai perdu 200 000$ en récolte. L'excès de fer a fait crever mes plantes. En plus, j'ai bien failli perdre mon accréditation biologique, car en conséquence, il y avait un excès de fer dans mes légumes. Maintenant, je me suis débrouillé différemment pour m'approvisionner en eau en attendant que ça se règle, mais la ville doit me dédommager pour tous ces problèmes. Les poursuites judiciaires sont intentées. Ils ont maintenant 14 jours pour me répondre», a-t-il conclu.

