Cette nouvelle forme d’hameçonnage s’intègre maintenant aux messages textes.
«Tout le monde développe des outils pour frauder. C’est pourquoi le pourriel ou le message texte non souhaité sont de plus en plus ciblés. Les pirates font leurs envois de masse le plus personnalisés possible afin d’obtenir un maximum d’informations. Il y a une espèce de mafia électronique qui vise entre autres à amasser des numéros de carte de crédit et voler notre identité», explique Patrick Cossette, chargé de projet informatique et technologique à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).
En ce qui a trait à la messagerie texte, même si le phénomène en est à ses balbutiements en Amérique du Nord, il risque de prendre de l’expansion assez rapidement.
En Asie, ce fléau fait déjà rage en raison des forfaits offrant des messages textes illimités. À ce titre, en 2010-2011, les pourriels par ce moyen de communication atteignaient les 4,5 milliards.
«C’est en progression à l’échelle nationale, mais nous sommes encore loin du niveau du «spam» par courriel. Toutefois, il ne faudrait pas être surpris de les voir arriver au pays en plus grand nombre puisque les plans de messagerie texte illimitée sont à la hausse», fait remarquer M. Cossette.
«Une des raisons pour laquelle les criminels affectionnent les textos est que souvent, quand les gens répondent, ce sont des numéros payants de type 1-976. Pour eux, c’est plus facile et le taux de réponse est 100 fois plus élevé», ajoute-t-il.
95% des messages sont des pourrielsIl y a quelques années, pas moins de 95% des courriels envoyés à l’échelle de la planète étaient des messages indésirables.
«C’est en 1994 que les pourriels ont débuté à grande échelle. Ces derniers proviennent majoritairement de cinq ou six organisations que l’on nomme «botnets». Ces derniers, normalement gérés par des organisations criminelles, sont des regroupements d’ordinateurs infectés par un virus et utilisés pour envoyer les pourriels. L’Inde, les États-Unis et la Corée du Sud sont les trois principaux pays d’où proviennent ces messages non désirés», informe M. Cossette.
Avec les années, les pirates informatiques se sont toutefois modernisés pour contrecarrer les efforts faits par les divers fournisseurs Internet et les compagnies de sécurité.
«C’est certain que les pourriels traditionnels diminuent, mais ils seront tout de même toujours bien présents. En contrepartie, nous retrouvons aujourd’hui davantage de tentatives d’hameçonnage», expose le spécialiste de l’UQTR.
Un moyen de défenseLes compagnies de sécurité ne sont pas demeurées insensibles bien longtemps devant cette nouvelle menace. Afin de les aider à combattre cette intrusion dans leur vie privée, les citoyens sont invités à transférer le message texte frauduleux au 7726 (SPAM).
«La plupart des fournisseurs créditent ces envois. Ceux-ci servent à créer une base de données mondiale pour enrayer voire ralentir le problème», conclut M. Cossette.

