Les 244 participants à l'étude ont répondu à de nombreuses questions touchant différents domaines tels que la famille, le travail, l'amitié, la politique et la religion.
Il en ressort que la famille est considérée comme une valeur sûre avant toute chose, suivie de l’amitié, du travail, de la politique et la religion.
«Ce sont des enfants qui ont tout eu. Les parents se sont soumis à leurs caprices. Les parents sont plus riches que ceux des générations précédentes puisqu'ils sont tous deux sur le marché du travail. Ils ont donc de l'argent pour gâter leurs enfants», souligne Ghyslain Parent.
«En général, les jeunes Y éternisent leurs études ou prennent des années sabbatiques. La famille est considérée comme un havre de paix où ils peuvent se réfugier. Il n'est pas rare de voir des jeunes rester chez leurs parents même s'ils sont en mesure d'être autonomes. C'est le phénomène Tanguy», ajoute-t-il.
Un ami sincère
Par contre, l'amitié leur est tout aussi importante puisque les Y sont souvent les seuls enfants de la famille. Ayant grandi sans frère ni sœur, l'ami sincère tient un rôle majeur.
D’autres études effectuées quelques années plus tôt montrent que ce qui compte le plus pour les jeunes de la génération Y concerne le bonheur. «Être heureux», «avoir un travail satisfaisant», «être bien dans ce qu’on fait et dans ce qu’on est» ont été des souhaits maintes fois exprimés.
Parmi les autres valeurs privilégiées: famille, santé, amour et sécurité sur le plan professionnel.
11 septembre
«On est aussi confronté à un système nouveau avec la génération Y: les marqueurs de temps ont changé», note M. Parent.
Il explique.
«Le 11 septembre a été un événement marquant. Il y a l'avant et l'après. Avec cet événement qui a été relayé par les postes de nouvelles en continu, le monde a fait irruption dans leur vie. C'est un monde qu'ils jugent dangereux. Ils ont connu la peur», estime-t-il.
«Les marqueurs de temps des générations précédentes étaient aussi davantage reliés à la religion, précise-t-il. On disait d'un événement qu'il s'était produit avant ou après le mariage, avant ou après la mort de John F. Kennedy. Chez les jeunes d'aujourd'hui, c'est avant ou après l'achat de leur première voiture, avant ou après le bal de graduation.»
Payez au suivant
«Le film Payez au suivant les a marqués. Les jeunes Y sont convaincus qu'ils sont les suivants et donc que tout leur est dû. Par exemple, sur le marché du travail, ils sont d'avis que l'ancienneté n'a aucune préséance et que seule la compétence compte. Et ils se croient les plus compétents. Ils sont exigeants envers eux et envers les autres et ils aiment relever des défis et apprendre de nouvelles choses», affirme Ghyslain Parent.
Les syndicats perdent des plumes
«Pour eux, les syndicats protègent l’incompétence. Ils privilégient la défense via les réseaux sociaux pour régler leurs problèmes», poursuit-il.
M. Parent prévoit aussi des luttes entre les «jeunes» et les «vieux» dans le but d’obtenir un emploi ou pour monter dans la hiérarchie de l’entreprise.
La génération Y a également vu apparaître les télé-réalités et le concept de vedette instantanée.
«L'espoir de devenir une vedette du jour au lendemain les fait rêver. Les jeunes ne veulent pas nécessairement faire leurs classes pour arriver au but donné», indique le professeur.
Le travail d'équipe, une façade
M. Parent croit également que les jeunes de la génération Y n'aiment pas travailler en équipe.
«Les grands auteurs disent qu'il s'agit plutôt d'une façade. Les jeunes sont plus individualistes et cachent des informations stratégiques pour mieux paraître. Ils se mentiraient entre eux. J'ai connu des étudiants faisant du mentorat aider leurs collègues...mais en leur enseignant les mauvaises choses dans l'objectif d'augmenter sa cote R, pour que la compétition soit moins féroce», commente-t-il.
Rêve américain
«Il y a eu un éveil le printemps passé. Je pense que les jeunes seront capables de grands changements. Je mise sur les LBB et GND (Léo Bureau-Blouin et Gabriel Nadeau-Dubois)», croit Ghyslain Parent.
«En même temps, ça coïncide avec la fin du Rêve américain, en ce sens où leur génération ne sera pas plus riche que celle de leurs parents», conclut-il.

