«Même devant leur patron, ils ont tendance à demander pourquoi ils doivent faire une tâche précise. C’est pour ça qu’ils confrontent plus les patrons. Il leur faut une réponse qui a du sens. D’ailleurs, le rapport hiérarchique est moins important pour eux. Les Y respectent leur boss parce qu’il est compétent et relationnel. Pas juste parce qu’il est le patron», précise-t-il.
«Ils aiment être stimulés. Ils travaillent de moins en moins pour la paye, mais ils veulent tout de même être bien rémunérés. On ne fera pas travailler la génération Y 70 heures par semaine avec l’argument que sa paye sera supérieure. Il faut la stimuler en lui donnant des défis», ajoute M. Roy.
À l’écoleL’arrivée progressive de cette nouvelle génération sur les bancs d’école a forcé les professeurs à apporter des modifications dans leur façon d’enseigner, remarque Stéphane Roy.
«Il faut vivre un petit deuil: les élèves d’aujourd’hui ne sont pas les mêmes qu’il y a 20 ans. Ils conjuguent leur vie entre l’école, le travail, les amis, le chum, la blonde, etc. L’école n’est qu’une partie d’un tout, alors que dans mon temps, on passait tout notre temps à l’école», rappelle-t-il.
«Il ne faut pas hésiter à entrer dans leur univers, plaide M. Roy. Je pense que les jeunes d’aujourd’hui sont très portés sur les relations humaines et aiment rencontrer des gens inspirants. Je crois que, comme enseignant, on peut faire une différence dans leur vie. Ils ne sont pas méchants. Ils sont différents, portés sur la technologie et très adeptes du multitâches. C’est ce qui dérange les générations précédentes».
Il cite Socrate qui disait: «Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans».
«Les générations ont toujours critiqué les suivantes. Si les jeunes de toutes les époques étaient réellement des tyrans, on serait tous des monstres aujourd’hui», note M. Roy.
Une musique différente«Je suis curieux de voir si les Y prendront les plis des Y ou des X. Ils ont le choix de rejouer la même musique ou de composer une nouvelle chanson.»
«Je pense que lorsque les derniers Y seront sur le marché du travail, on verra l’environnement de travail et le type de leadership évoluer. Je crois qu’ils vont investir davantage sur les relations. Il faut que les dirigeants de demain puissent être inspirants et compétents», avance Stéphane Roy.
Et d’après ce qu’on a pu voir durant les manifestations étudiantes au printemps, peut-on s’attendre à ce que les Y fassent rapidement le saut en politique?
«Ça dépend. Il faudrait que la profession de politicien soit plus attirante, plus humanisée si je peux dire. Car les Y sont aussi préoccupés par leur famille. Je pense que si on offre une meilleure qualité de vie aux politiciens, ils vont vite sauter dans l’arène. Sinon, je prédis qu’ils vont s’impliquer plus tardivement à cause de leur famille», conclut Stéphane Roy.
À suivre la semaine prochaine avec la vision du professeur à l’UQTR, Ghyslain Parent.

