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Les jeunes vivent dans l’urgence

Marie-Ève Bourgoing-Alarie
Publié le 15 Octobre 2012
Publié le 15 Octobre 2012
Marie-Ève Bourgoing-Alarie  RSS Feed

Dossier «Génération Y»

«Les boomers voulaient changer le monde. Ils disaient: «On va tasser les vieux». Aujourd’hui, les Y veulent prendre leur place dans la société à leur façon, en faisant éclater les structures.»

Sujets :
Collège Laflèche

Alain Soulard enseigne depuis 37 ans au Collège Laflèche. Il en a vu passer des cohortes d’étudiants issus de différentes générations. Il fait part de ses observations sur les jeunes de la génération Y.

«Ce qui les distingue de leurs prédécesseurs en général, c’est la façon dont ils travaillent. Ils sont très portés sur le multitâches. Ils sont plus ouverts et imaginatifs. Mais des gens avec ces caractéristiques, on en trouvait aussi dans les autres générations», précise M. Soulard.

«Je les trouve allumés. Ils ne sont pas tous passionnés de politique, mais ils brûlent tous de quelque chose. Les X ont l’impression que les plus jeunes sont des bébés gâtés. Ce sont des gens qui veulent faire les choses à leur façon», ajoute-t-il.

Pour beaucoup, l’école n’occupe pas toute la place dans leur vie comme c’était le cas dans mon temps.

«En 1976, on refaisait le monde à l’école. Ils sont différents de nous. Aujourd’hui, ils partagent leur temps entre l’école, le travail, la blonde, le chum, la famille, etc. Ce sont les enfants de couples reconstitués. Ils sont débrouillards, mais il faut parfois les ramener à l’ordre, les replacer dans le contexte et leur rappeler qu’il y avait du monde avant eux», souligne M. Soulard.

Tout en accéléré

«On vit dans un monde d’accélération temporelle. Je vois que mes étudiants sont très préoccupés par l’environnement. Ils savent que la planète va peut-être leur péter en pleine face avant leur mort. C’est peut-être pour cette raison qu’ils n’aiment pas faire ou avoir quelque chose plus tard. Je pense qu’ils vivent dans l’urgence. C’est peut-être pour ça qu’on les voit s’impliquer si vite en politique. Parce que pour eux, il faut que ça change, là. Pas en 2050», explique Alain Soulard.

Le monde s’est réveillé

«Ça avait beaucoup brassé dans les années 70, mais depuis, plus personne ne l’avait fait, jusqu’au printemps passé lorsque les étudiants se sont mobilisés. Je ne dis pas qu’ils ont raison, mais ça fait du bien de voir qu’ils sont encore capables de se mobiliser. Ça permet de faire réfléchir plus loin. Le monde s’est réveillé. La comparaison la plus récente du mouvement étudiant serait Mai 68», commente le professeur de politique.

Un déclic à tout ça?

«Le 11 septembre a marqué le tournant du siècle. C’est un symbole fort. Depuis, c’est le bordel à l’échelle internationale. Peut-être que ça a influencé la personnalité des Y, considérant que les plus vieux de la génération étaient au collégial à cette époque», conclut-il.

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