«Il n’est pas question d’arrêter un suspect ni de les interroger. Ça, c’est le travail des enquêteurs. Celui des chimistes spécialisés en criminalistique est d’amasser des preuves. Ils prennent des indices pour obtenir une donnée scientifique. Avec les notions de droit que les étudiants vont acquérir, ils pourront traduire ces données à des avocats, juristes, enquêteurs, etc. C’est un atout», explique Benoit Daoust, directeur du programme de criminalistique de l’UQTR.
«Ce qui diffère surtout, c’est que CSI ignore l’incertitude. S’ils découvrent, en l’analysant, qu’un cheveu provient d’une personne caucasienne et frisée, forcément, ça les mène immédiatement au suspect. Mais combien de gens ont le même profil ADN?» note-t-il.
Bref, la réalité est bien différente lorsqu’on considère une marge d’erreur.
Prenons l’exemple d’un délit de fuite à la suite d’un accident. Le technicien en scène de crime arrive. Il voit une minuscule trace de peinture sur la voiture. Il relève la trace et mesure le type de couleur.
«Mais certaines peintures comportent plusieurs couches. Il faut donc analyser chacune des couches pour déterminer sa composition. En déterminant la couleur, on recherche quelles compagnies la produit de la même façon. Au final, ça peut aider à diriger l’enquête. C’est surtout un énorme travail d’interprétation. On forme des gens de laboratoire qui vont tirer des conclusions et interpréter la trace», précise M. Daoust.
C’est pour mieux interpréter les résultats de leurs analyses que les étudiants suivront un cours de probabilité et statistiques au cours de leur formation en criminalistique. Cela leur permettra entre autres d’identifier les marges d’erreur possibles.
Propre, propre, propre!«Ce que j’ai remarqué en regardant Les Experts, c’est que les techniciens ne portaient pas tous des sarreaux! Ça n’a pas de sens! Et des gens se promènent dans le laboratoire. Quel est leur ADN? Où sont-ils passés avant? Il est facilement possible de contaminer une trace. Et quand tu n’as qu’un petit bout de peinture d’une auto, tu ne veux pas qu’il soit contaminé», mentionne M. Daoust.
Chimie et photo scientifiqueLa majorité du profil en criminalistique touche à la chimie, mais la photographie scientifique est une partie non-négligeable de la formation des étudiants.
«La photographie joue un rôle très important puisqu’il faut fixer la trace. Par exemple, on peut généralement définir une empreinte digitale chimiquement, sauf dans certaines occasions. Il faut alors le faire en photo grâce à certaines techniques et des filtres», soutient Benoit Daoust.
La photo s’avère aussi utile dans les cas d’analyse de documents. M. Daoust donne l’exemple d’un chèque auquel on aurait pu ajouter quelques zéros avec un style de la même couleur. En variant les filtres, il est alors possible de distinguer les deux encres.

