Furieux, mon père a sauté dans son auto et a pourchassé le chauffard. C’était l’un de nos voisins éloignés. Mon père le connaissait bien. Il l’a suivi jusque chez lui. Une fois débarqué, il lui a dit sa façon de penser. Le chauffard s’est excusé.
Honnêtement je ne me rappelle pas de l’histoire dans ses moindres détails. C’est ma mère qui me l’a racontée plusieurs fois. Le plus étonnant, c’est que le type de l’auto connaissait notre famille. Nous habitions dans le même rang. Tout le monde ou presque se connaît dans un rang de campagne. Pourquoi l’homme avait-il joué avec la vie de trois enfants de la même famille?
Tuée parmi les fleurs
Il y a quelques années, dans la région de Montréal, un ado prenait les rues de son quartier pour une piste de course. Il roulait comme un malade. Il rivalisait contre un chauffard quand il a perdu le contrôle de son auto. Le monstre de métal a roulé sur la pelouse, fonçant à vive allure sur une fillette qui, de mémoire, cueillait des fleurs en compagnie d’une femme. La fillette est morte sur le coup.
Prêtres et prisonniers
Ils sont tellement nombreux à travers le monde à avoir abusé sexuellement d’un enfant que le Vatican ne sait plus où donner de la tête.
Je ne sais pas si ces milliers de prêtres sont tous des pédophiles en puissance ou si, comme ces prisonniers obligés d’écouler leurs plus belles années à l’ombre, ils ont besoin de donner libre cours à une libido anormalement refoulée en se tapant des petits garçons.
Reste que ce sont les enfants qui paient le prix.
La guerre
En mars 2003, George W. Bush envoyait son armée envahir l’Irak. Il ne l’a jamais dit ouvertement, mais la plupart des spécialistes se doutent que l’objectif était de mettre la main sur le pétrole irakien.
Bush savait qu’en prenant sa décision, il était sur le point d’envoyer des milliers d’Irakiens vers l’abattoir: enfants et femmes violés, hommes torturés, familles déchirées, êtres humains amputés, etc. On appelle ça des dommages collatéraux.
Le pédophile
Comme tout parent, je me suis souvent demandé quand mon kid était petit : « Je fais quoi si un pédophile lui met la patte dessus? Comment vais-je réagir? »
J’aurais fait comme tous les parents je suppose. Je lui aurais sauté à la gorge s’il s’était retrouvé sur mon chemin. Du moins, je l’aurais vertement engueulé. C’est de l’émotion pure. Difficile de faire autrement. Difficile de se maîtriser dans des cas aussi tragiques.
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Le pardon
Par contre, une précision s’impose.
Le type qui a failli nous écraser mes frères et moi avait toute sa tête. Il savait ce qu’il faisait. Le jeune homme qui a tué la fillette au fond d’un terrain, il avait toute sa tête. Il savait ce qu’il faisait. Les plupart des prêtres qui abusent sexuellement des enfants, ils ont toute leur tête. Ils savent ce qu’ils font. Bush savait ce qu’il faisait en décidant de mettre l’Irak à feu et à sang.
Le pédophile, lui, est malade. Gravement malade. Certains d’entre eux réclament la castration tellement ils en sont écoeurés. Le pédophile obéit à une pulsion. Il est esclave d’un engrenage biologique.
Si la plupart d’entre eux refusent de se faire soigner, d’autres réclament de l’aide. II ne faut jamais l’oublier.
Je ne disculpe pas le pédophile. Je refuse de le présenter comme une victime. Par contre, il bénéficie d’une explication logique. Il obéit à une mécanique biologique. Une mécanique que des spécialistes peuvent stopper si le pédophile le veut bien.
Par contre, il ne faut pas avoir un bac pour savoir qu’on ne double pas un autobus arrêté, surtout lorsque des enfants s’apprêtent à traverser la rue. Il ne faut pas avoir un bac pour savoir qu’on ne roule pas à 100 kilomètres dans une zone résidentielle. Il ne faut pas avoir un bac pour savoir que lorsqu’on déclare la guerre, c’est le début de l’enfer pour des milliers d’êtres humains qui ne l’ont pas demandée.
Conclusion: j’en voudrais davantage peut-être, je dis bien peut-être, au gars qui fauche mon kid en roulant comme un malade qu’au pédophile. Avec les années, je dis bien avec les années, le pardon serait peut-être plus facile envers le pédophile qu’avec le chauffard.
Je sais. C’est plus facile à dire qu’à faire.
D’autres facteurs sont à considérer : la gravité du geste, les circonstances, les séquelles que portera l’enfant.
Mais ce qui m’écoeure le plus, c’est que le chauffard qui a failli écraser trois enfants, l’ado qui a tué la fillette, les prêtres qui abusent sexuellement des enfants sans retenue, Bush qui a imposé des souffrances atroces aux Irakiens, tout ce beau monde réclamerait le châtiment le plus cruel envers le pédophile, parfois même la peine de mort.
Cela mérite réflexion.

