Le lendemain, ils se sont dirigés vers la Beauce pour ensuite traverser la frontière américaine.
Le passage à Trois-Rivières s’inscrivait dans le cadre du Glidden Tours organisé par la American Automobile Association. Le but : promouvoir l’utilisation de l’auto en poussant les décideurs régionaux à entreprendre des travaux pour rendre les routes carrossables et plus sécuritaires. Les routes à l’époque se prêtaient davantage au transport par cheval.
Il ne faut pas oublier qu’en 1906 l’automobile était rare sur les routes. On risque peu de se tromper en affirmant qu’un lobby de gens d’affaires américains, flairant la bonne affaire, devait être derrière le Glidden Tours.
D’ailleurs, le nom est celui de Charles J. Glidden, un passionné de ce nouveau jouet qu’était l’automobile. Lui et sa femme ont été les premiers à faire le tour du monde en auto en 1902. Ils ont traversé 39 pays, certains voyant une auto pour la première fois. Résultat : Glidden devait parfois rouler sur de rails de chemin de fer grâce à un mécanisme d’adaptation, les routes étant impraticables.
Le but de Glidden : faire naître une passion pour l’auto parmi les peuples et détruire le mythe voulant que la nouvelle invention était un privilège pour les riches. Glidden était un homme d’affaires prospère ayant fait fortune dans la naissance d’une nouvelle industrie : celle du téléphone.
Les randonnées du Glidden Tours se sont produites entre 1905 et 1913. La première reliait New York à St-Louis. Elles s’apparentaient à un rallye auto de plusieurs centaines de kilomètres dans la mesure où les organisateurs avaient inséré un concours dans le cadre de l’événement pour savoir quel fabricant automobile présentait le véhicule le plus endurant. Un trophée et 2000$ attendaient le gagnant.
Comme les routes n’étaient pas conçues pour l’auto, les véhicules revenaient passablement amochés de l’excursion. C’est pourquoi des mécaniciens accompagnaient les conducteurs. Ce n’était pas un voyage de plaisir au sens propre du terme.
Souvent, les habitants des villes étaient mal préparés pour recevoir ces monstres de métal qu’était l’auto. Conséquences : les chevaux prenaient parfois le mors aux dents en apercevant la nouvelle bête ou des propriétés se trouvaient endommagées.
Souvent, Charles J. Glidden payait les dommages de sa propre poche.
(Avec l’aide de Wikipedia)
(Cet article a été publié dans le cadre d'une section auto de L'Hebdo Journal. Et notez aussi que la photo accompagnant le texte est d'une époque plus récente, les photos de l'époque du Glidden Tours étant plutôt rares.)

