C’est contre une telle pratique que Stéphane Roy et Daniel Landry, professeurs de sociologie du Collège Laflèche, mettent les étudiants en garde.
«L’accessibilité au crédit demande une certaine discipline. C’est de l’argent facile, mais il faut que tu le rembourses un jour», insiste M. Roy.
«Ce n’est pas rare qu’un étudiant va sortir de l’université avec près de 40 000 $ de dettes s’il ne sait pas gérer son budget. Malheureusement, on a enlevé le cours d’éducation économique au secondaire. J’espère que ces notions seront intégrées à d’autres matières. Dans la société du 21e siècle, l’économie est à la base de tout sinon tu es condamné», précise M. Landry.
Des opinions corroborées par le sondage Éducation et finances de TD Canada Trust. L’analyse mentionne notamment que 45% des étudiants du Québec dépensent plus qu'ils n'épargnent et que 26 % d'entre eux prévoient ne pas être endettés à l'obtention de leur diplôme.
- À lire aussi dans le dossier spécial :
- - Les jeunes carburent à la consommation
- - Le crédit ronge les jeunes
- - L’école passe deuxième chez les jeunes
- - Orgie de sexe et orgie de crédit
Robert Le Sieur, expert en planification financière au Groupe Investors, émet toutefois un bémol. «Les étudiants risquent d’être davantage endettés que prévu une fois leur diplôme obtenu», indique-t-il.
Faire un budget, la solution?
Que ce soit pour l’accessibilité au crédit ou simplement pour ne pas s’endetter jusqu’à en perdre le contrôle, les experts conseillent aux jeunes … et aux moins jeunes de se faire un budget.
«C’est prioritaire que les jeunes soit éduqués au crédit. On fait beaucoup de conférences dans les écoles pour leur en expliquer le fonctionnement. À l’université, outre nos produits, Desjardins axe surtout sur comment gérer un budget. Par ailleurs, lorsqu’ils font la demande d’une marge de crédit, les jeunes doivent nous présenter un budget serré pour ne pas partir avec deux prises plus tard», souligne David Bélanger, directeur principal – placement et financement à la Caisse des Trois-Rivières.
Même si la solution de faire un budget semble la meilleure pour éviter l’endettement, peu de jeunes semblent y adhérer. Selon un sondage mené par RBC/Ipsos Reid, six étudiants sur dix s'attendent à devoir contracter des dettes pendant leurs études et 74 % des étudiants n'établissent pas de budget.
La gestion d'un budget peut se révéler très lourde, surtout quand on n'en a pas l'habitude - Kavita Joshi
«La gestion d'un budget peut se révéler très lourde, surtout quand on n'en a pas l'habitude», ajoute Kavita Joshi, directrice générale, Services bancaires aux étudiants, RBC.
Des frais inévitables
Selon Statistique Canada, les frais de scolarité universitaires au pays étaient en hausse de 3,6 % en 2009-2010, pour atteindre une moyenne de 4 917 $. Au Québec, bien que les frais scolaires soient les moins élevés au pays, ils ont tout de même subi une hausse de 5,4 % seulement en 2008-2009.
Prêts et bourses à Trois-Rivières
- Collège Laflèche (2009-2010)
Demandes acceptées par le gouvernement: 589
Prêts: 2 827 081 $
Bourses: 1 328 380 $
Total: 4 155 461 $
- Cégep de Trois-Rivières (2009-2010)
Demandes acceptées par le gouvernement: 1267
Prêts: 2 683 380 $
Bourses: 2 431 740 $
Total: 5 115 120 $
- Université du Québec à Trois-Rivières (*approximatif 2010-2011)
Demandes acceptées par le gouvernement: environ 5000
Prêts: près de 16,5 millions $
Bourses: près de 13,5 millions $
Total: environ 30 millions $
