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GrimSkunk: Le feu aux poudres

La formation montréalaise GrimSkunk Courtoisie

La formation montréalaise GrimSkunk

Marjolaine Arcand
Publié le 8 Juillet 2012
Publié le 8 Juillet 2012
Marjolaine Arcand  RSS Feed

Près d’un quart de siècle après sa formation,  le groupe montréalais GrimSkunk a toujours la flamme. Le chanteur Franz Schuller raconte ce qui lui met le feu aux poudres.

Grimskunk a toujours été reconnu pour ses textes engagés. C’est plus vrai que jamais sur sa neuvième galette studio, Set Fire!, sortie il y a quelques semaines. Dans un mélange de psychédélique et de rock des 70’s, avec une touche d’orgue à la Deep Purple et tout le côté contestataire du mouvement punk, on y tient des propos qui collent plutôt bien au contexte politique et social actuel.

«On dirait que ça a été écrit sur mesure. Pourtant, on l’a composé l’an dernier. Je pense que ça prouve qu’on a d’énormes problèmes sociaux en ce moment. On est rendu à un point où il faut dire non face à ce gouvernement qui tient des propos moralisateurs et arriérés».

Pour le musicien, c’est la pièce-titre Set fire to the nation qui illustre mieux ce ras-le-bol général. Ou du moins le sien et celui de Joe Evil (clavier, voix), Vincent Peake (basse), Peter Edward (guitare), et Ben Shatskoff (batterie).  «C’est l’équivalent moderne du roi dans une tour d’ivoire versus le peuple qui crève dans les champs. Ça illustre la tendance qu’on a de faire des gens riches et successful nos héros, alors qu’ils ne contribuent que très peu à améliorer la société».

Bref, l’idée générale, c’est la révolution. Mais attention, on parle ici d’une révolution du cœur. «Les valeurs humaines et sociales sont plus importantes que l’économie, le pouvoir ou les autres aspects de notre société. Il faut apprendre la tolérance, la paix et le respect, qui se sont perdues», relate celui qui est aussi fondateur du label Indica.

Rock australoïde 

Pour l’enregistrement du gravé, la formation montréalaise s’est exilée en Australie. «On voulait s’éloigner le plus possible de Harper,  lance Franz Schuller en rigolant. Mais non. On voulait être dépaysés, aller loin, se laisser inspirer par la nouveauté, être spontanés, créer dans le moment présent. On s’est lâchés lousse, on a essayé plein de choses».

Des choses comme le «didjeribone», une sorte d’hybride entre le didjeridou et le trombone, que joue l’artiste aborigène Tjupurru sur Falling into the shadow et Set fire to the nation. Ou comme ces micros typiquement australiens et ces instruments vintages, chinés dans une chasse aux trésors à Sydney.

«Je suis content d’avoir fait un disque aussi engagé. Je trouve qu’il ne s’en fait plus». Ça, et du vrai bon rock. Mais on ne le partira pas là-dessus. Faut pas jouer avec le feu.

***

En spectacle le 8 juillet à 23h au Nord-Ouest Café.

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