«J'étais un peu en panne d'inspiration. Je n'avais plus d'idées. La remise en question est toujours là. Se dire: si j'arrêtais la musique et que je faisais autre chose? Je pense que je pourrais me recycler dans le sport ou dans les affaires, mais liées au sport. J'ai pensé prendre du temps pour faire le tour du monde. Finalement, j'ai fini de composer une première chanson. C'est devenu le coup de départ de ce nouvel album», raconte-t-il.
Il a finalement fallu quatre ans à Bruno Pelletier pour retourner de nouveau en studio et commencer à jeter les balises de ce qui allait devenir «Rendus là», peut-être son projet le plus personnel.
C'est que derrière chacun des douze nouveaux morceaux se cache une lettre, destinée à des personnes bien précises.
«Par exemple, Je m'écris m'est adressée. L'amour nous reviendra est pour toutes les femmes à qui j'ai tenu des discours défaitistes sur l'amour....il y en a eu beaucoup... J'ai posé les pierres est pour mon gars. C'est basé sur l'idée du père qui transmet ses outils à son fils. Entre toi et moi est destinée à un inconnu que j'ai vu sur un banc de parc. La dernière, Tout ce qu'on a voulu s'adresse aux babyboomers qui ont tout pris», énumère-t-il.
La vie à deux, la face cachée de l'être humain, l'espoir devant la maladie, le parcours d'une fin de vie et une peine d'amitié sont autant de thèmes abordés en musique sur ce 11e opus en carrière.
Comme dans les années 70Bruno Pelletier s'est gâté avec cet album, notamment en assurant sa réalisation. Et plutôt que de travailler par couches sonores superposées pour réaliser l'album, il a décidé de faire entrer quatre musiciens dans un studio afin d'enregistrer live chacune des chansons de l'album.
«Je voulais faire ça comme dans les années 70. Les musiciens n'avaient pas entendu les maquettes avant de jouer la pièce. J'étais ouvert aux suggestions. Ensemble, on a précisé les sons, les mélodies. Ça en fait un album plus précis sur le plan sonore et on retrouve plusieurs ambiances et styles musicaux. Ça a donné une cohérence à l'album», explique-t-il.
«C'était plaisant, car écrire est une chose, mais créer en studio, c'est amener l'écriture à des arrangements qui mènent à la création même de la chanson. C'est le tout qui fait que c'est bon. Pas seulement le travail de l'auteur, du compositeur ou des musiciens. Ça prend tout le monde», ajoute-t-il.
Bruno Pelletier, 15 ans«C'est comme si j'avais 15 ans sur scène. Il y a deux drums, un piano, 12 guitares... il y a du stock! Je me promène entre tout ça et je m'éclate!»
La tournée s'arrêtera à la salle J.-Antonio-Thompson le 5 avril 2013.
En plus des nouvelles chansons qui se retrouvent sur «Rendus là», le public aura l'occasion d'entendre les Miserere, La Manic et Il est venu le temps des cathédrales. «Celle-là, je n'ai plus le choix de la chanter! Je me souviens qu'après la grande tournée de Notre-Dame-de-Paris, j'ai voulu arrêter de l'interpréter. Je me sentais déjà rendu ailleurs. Mais on me la demandait à chaque spectacle. Aujourd'hui, j'en ai plusieurs versions et je la chante avec le public. Je ne voulais pas que cette chanson me colle à la peau, mais j'accepte maintenant qu'elle fasse partie de mon bagage», dit-il.
D'ici son spectacle en terre trifluvienne, on peut le voir sur les ondes de Radio-Canada à l'émission Un air de famille où il est coach vocal. Bruno Pelletier est également le nouveau porte-parole de la Fondation québécoise du cancer.
Bruno Pelletier | Salle J.-Antonio-Thompson | 5 avril 2013

