C'est le grand retour d'Omertà, qui passe du petit au grand écran.
Il n'était pas prévu, au départ, de faire un film d'Omertà, raconte le scénariste et réalisateur Luc Dionne.
«Ce n'était pas de prendre Omertà et d'en faire un film. C'est avant tout l'histoire d'une fraude en partie inspirée de faits véridiques. Pour mener à bien le scénario, j'avais besoin de la mafia italienne, d'une agence de renseignements, d'agents doubles. Quelqu'un m'a dit: «Tu les connais tous. C'est Pierre Gauthier et sa gang». J'ai donc pris des personnages d'Omertà, mais qu'on ait vu ou non la télésérie, on comprend le film», assure-t-il.
Peu de personnages de la série ont été ramenés dans la distribution. Seuls Paolo Noël (Tony Potenza), Michel Dumont (Gilbert Tanguay) et Michel Côté (Pierre Gauthier) se retrouvent dans le long-métrage qui prendra l'affiche le 11 juillet.
N'empêche, Michel Côté n'a pas hésité une seconde à replonger dans le rôle de Pierre Gauthier.
«Pierre Gauthier était tellement proche de moi même après 12-13 ans. En lisant le scénario, je savais déjà comment il réagirait à telle ou telle situation. Personne ne sera étonné vu que les spectateurs savent que je suis capable de jouer ce rôle, mais je me suis dit que ça n'allait pas brimer mon plaisir parce que c'est extraordinaire de reprendre ce rôle-là», raconte-t-il.
Pop-corn renverséLe spectateur est rapidement plongé dans l'ambiance «omertienne» et ce dès la première scène du film.
«Je pense qu'il y aura beaucoup de pop-corn renversé par terre après la première scène», avertit Luc Dionne en riant.
Pierre Gauthier, maintenant agent consultant dans une firme privée de surveillance, fait appel à Sophie (Rachelle Lefevre) pour se rapprocher d'un proche de la mafia (Stéphane Rousseau...qui n'entend pas faire rire!) afin d'empêcher un coup d'envergure. Mais la belle rousse aura dans les pattes Steve Bélanger (interprété par un Patrick Huard impressionnant), un agent double de la police de Montréal en mission d'infiltration depuis plusieurs années auprès de la mafia.
«J'aime beaucoup la performance des acteurs. On a un ton précis dans la tête quand on écrit et l'avantage lorsqu'on réalise en plus, c'est qu'on peut transposer ce ton tel qu'on l'imagine. Je connais bien Patrick Huard, Stéphane Rousseau, Michel Côté. Sur le plateau, il m'arrivait de devenir spectateur. On faisait une prise supplémentaire juste pour nous ou encore pour tester un nouvel angle. Le jeu de ces acteurs a donné lieu à de belles batailles de coqs entre les personnages. On essaie d'offrir un thriller et beaucoup d'intensité. Ça a été bien amusant à filmer», souligne Luc Dionne.
L'intensité immobile«Il y a des scènes très intenses. J'ai de bons moments avec les autres acteurs. Patrick Huard et Stéphane Rousseau ont des rôles formidables. C'est une belle brochette d'acteurs et René Angelil a aussi pris son rôle à cœur. C'est un film de qualité internationale et surtout, ça reste réaliste. Ce n'est pas invraisemblable comme ont tendance à le faire les Américains. Disons qu'il n'y a pas 500 000 balles tirées pendant le film», ajoute Michel Côté.
Ironiquement, l'une des scènes les plus intenses qu'il a eu à tourner consistait à demeurer... immobile!
«Pendant un tournage, attendre est parfois plus fatigant. Des scènes anodines peuvent demander une énergie incroyable. Par exemple, à un moment, je suis allongé dans l'entrepôt sur un dock de chauffage. Ça n'a l'air de rien, mais j'ai été là pendant six heures, avec ma froc de cuir, le coup cassé pour essayer de filmer le gars qi se trouvait en dessous avec un iPhone! C'est ce qui a été le plus difficile pour moi pendant le tournage», raconte Michel Côté.
Y aura-t-il une suite?Ce serait évidemment criminel -c'est le cas de le dire!- de révéler le punch de la fin d'Omertà, le film. Si la finale peut laisser présager une suite, le scénariste tend à insinuer le contraire.
«Ce sont les spectateurs qui décideront s'il y aura une suite ou non. Le film leur appartient dorénavant, même si je dois admettre que ça me fait mal de laisser Pierre Gauthier dans cette situation», résume Luc Dionne.
«On ne m'a jamais parlé d'une suite au film. Mais il y a une scène, la dernière, que je ne savais pas qu'on avait tourné. Cette scène m'intrigue. Elle n'était pas dans le scénario», confie Michel Côté.
En attendant, Omertà devra faire sa place au box-office durant l'été contre plusieurs gros canons américains dont Ère de glace 4, Batman et Spiderman.
«Je le répète: s'il y a quelqu'un qui peut battre Spiderman et Batman, c'est Pierre Gauthier.
Pierre m'a dit qu'il essaierait de relever le défi contre Batman. En enlevant le gaz dans la Batmobile, Batman n'ira pas loin!» conclut Luc Dionne en riant.

