Stop aux shérifs du web!

Marie-Ève
Marie-Ève Bourgoing-Alarie
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«On veut que les gens signalent ou dénoncent. Pas qu’ils interviennent», avertit la sergente Éloïse Cossette, agente de relation avec les médias de la Sûreté du Québec (SQ).

Le directeur de la SQ, Richard Deschesnes, a d’ailleurs lancé un appel à tous pour que «les shérifs du Web [cessent] leurs activités» dans le journal Le Soleil la semaine dernière: « On ne peut faire comme eux [ceux qui s'improvisent justiciers]. Nous devons respecter certaines méthodes d'enquête.»

M. Deschesnes faisait notamment référence au cas de Dany Lacerte, ce père de famille qui traquait et filmait des cyberprédateurs sur un site de clavardage en novembre dernier.

Il publiait ensuite ses vidéos qui sont rapidement devenus viraux sur les réseaux sociaux. Le problème, c’est qu’il n’y voilait pas le visage des personnes piégées.

L’importante montée de la popularité du Web au cours des dernières années a contribué au phénomène des «shérifs du Web», notamment dans les cas de cyberprédation, croit Mme Cossette.

«Le citoyen qui fait ça pour nous a l’impression d’amasser des éléments de preuve, mais on ne peut pas s’en servir. Par ailleurs, l’initiative de Dany Lacerte s’est retournée contre lui. Les personnes qui se sont fait prendre lui ont envoyé une mise en demeure et il risque de s’exposer à des accusations de possession de pornographie juvénile et leurre au moyen d’un ordinateur», explique-t-elle.

Poursuite hollywoodienne

Il est également arrivé que des citoyens téméraires jouent à la police. Par exemple, un conducteur voit une infraction sur l’autoroute, le signale à la Sûreté du Québec, mais prend le véhicule fautif en chasse dans l’espoir de l’intercepter par lui-même.

«On a déjà vu ça. On veut que les gens nous aident, mais pas qu’ils mettent leur vie en danger. On leur demande de nous donner l’information. On est payé pour faire ce travail», rappelle Éloïse Cossette.

Surveillance pacifique

«Dans le cadre du programme "Surveillance de quartier", on demande aux personnes impliquées de contacter la police s’ils remarquent quelque chose d’étrange dans leur voisinage. On leur demande simplement d’être à l’affût de ce qui sortirait de l’ordinaire. Ce n’est pas leur rôle de patrouiller ou d’appréhender un suspect: ils ne sont pas une agence de sécurité. C’est notre tâche à nous. Si une dame est dans le besoin, tu peux aller l’aider, mais ta job n’est pas de jouer au policier. Il faut nous appeler», soutient Stéphane Chapdelaine, responsable de la Surveillance de quartier à la Sécurité publique de Trois-Rivières (SPTR).

Le but du programme est de prévenir et de réduire la délinquance et les méfaits dans le milieu dans l’objectif d’augmenter le sentiment de sécurité et la quiétude d’un quartier donné. Il s’agit d’être attentif aux vols de vélos et de voitures tout comme aux introductions par effraction.

«On veut des yeux supplémentaires sur le territoire et chacun peut faire son bout de chemin. Par exemple, si on sait que son voisin est parti en vacances, on peut surveiller un peu pour s’assurer qu’il n’y a pas de mouvement suspect chez lui», souligne M. Chapdelaine.

Pour l’instant, la surveillance de quartier s’implante seulement dans le secteur de Pointe-du-Lac, mais tous les quartiers de la ville seront couverts d’ici quelques années.

Un programme de patrouille existe actuellement du côté de la Sûreté du Québec. Bon voisin bon œil consiste en une patrouille citoyenne, à pied ou à bord d’un véhicule identifié.

Des règles strictes ont été établies afin que nul ne joue au justicier. Il s’agit principalement de prévenir la SQ (819-310-4141) lorsque quelque chose d’anormal se produit et de donner les informations en lien.

«Aujourd’hui, tout le monde est chez soi et ne regarde pas ailleurs. Personnellement, quand je suis à la maison et que j’entends quelque chose d’inhabituel, je jette un coup d’œil au cas où. On a la responsabilité morale de le faire. Si quelque chose te dérange et que tu n’appelles pas, peut-être que personne ne va appeler», conclut Nathalie Frigon, de la Sûreté du Québec.

Organisations: Sûreté du Québec, Le Soleil, Sécurité publique de Trois-Rivières

Lieux géographiques: Secteur de Pointe-du-Lac

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