Le nom du groupe l’indique: Naive se veut sans malice et encore moins pamphlétaire, mais cela n’empêche pas Raymond, Philippe, Stéphane et Laurent d’aborder des sujets plus délicats, dont le suicide, le rejet, le souvenir d’un proche qui disparaît et plusieurs autres. «Pour la chanson portant sur le suicide, par exemple, on n’essaie pas de présenter ça comme un point négatif, mais plutôt qu’au contraire, il faut faire attention aux gens qui nous entourent», explique Raymond Dimitri, guitariste. Le tout se libère dans des mélodies très rythmées et en même temps très planantes: un peu comme si l’on mélangeait Karkwa et Malajube.
Mais avant de tomber dans l’œil de Kay Productions, Naive s’était fait remarquer à l’Omnium du Rock de Montréal où la formation a arraché la deuxième place du concours, tandis qu’il remportait également le Prix du jury du Festival de la relève indépendante musicale de l’Abitibi-Témiscamingue. «Ce premier album officiel, ancré dans les magasins et en ligne, c’est sûr que ce n’est pas une finalité pour nous. C’est concrètement un premier pas pour Naive, un premier pas pour notre chemin qu’on veut long. Mais ça concrétise surtout des années de travail», témoigne Laurent Choinière, chanteur.
Comme il est souvent le cas pour les groupes de la relève, le financement pour l’enregistrement du disque n’était pas au rendez-vous. Il faut dire que la conception d’un album peut s’élever à plus de 20 000$. C’est pour cette raison que les membres du groupe ont eu l’idée de créer un programme bien particulier pour se venir en aide: «Parrainez une chanson Naive». Ce concept unique au Québec – du moins dans le milieu musical – visait à trouver dix investisseurs, soit un pour chaque pièce de l’album. Les quatre acolytes ont donc sollicité des gens de leur entourage et trois semaines plus tard, tout le financement était amassé. «On n’avait pas le choix d’aller vers des investisseurs et on s’est rendu compte que plusieurs personnes étaient prêtes à nous aider heureusement, et malheureusement, de façon financière», raconte Laurent. «C’est assez incroyable de penser que des gens veulent investir de leur poche pour nous soutenir comme ça», ajoute pour sa part Philippe Ouellette, bassiste.
Les groupes de la relève au quotidien«On est passé par là aussi. On rêve tous qu’une grande compagnie nous remarque, de devenir les prochaines stars, mais ça devient une réalité de plus en plus difficile à atteindre. En même temps, il y a d’autres options pour les groupes de la relève grâce à la technologie qui avance pour l’enregistrement d’un album», précise Raymond. Selon lui, l’important pour ces groupes qui cherchent à se démarquer, c’est principalement de se creuser les méninges pour trouver une façon d’attirer l’attention et de donner de la crédibilité au projet. Prochainement, on pourra apercevoir Laurent, Philippe, Raymond et Stéphane à la télévision dans un premier vidéoclip, celui de la chanson «Écho». Par ailleurs, dès janvier 2010, Naive se prépare pour une grande tournée québécoise qui s’arrêtera à Trois-Rivières. La date reste cependant encore à déterminer.




