Avoir faim d'éducation

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En 2010, une douzaine de Québécois ont été témoins des changements qu'apporte l'entraide humanitaire au Mali. Ils ont fait de la randonnée le long d'une falaise, descendu le fleuve Niger à bord d'une pinasse, mais surtout, ils sont allés à la rencontre de villageois bénéficiant de la mise en place de trois cantines scolaires. Une expérience que s'apprête à recréer cet hiver notre petit groupe.

Animateur, improvisateur et porte-parole de la Fondation Paul Gérin-Lajoie, François-Étienne Paré était du nombre. «On a servi 700 repas en un seul midi avec les bénévoles. C'est clair que ça fait du bien», raconte-t-il avec émotion.

Depuis l'implantation des cantines scolaires en 2009 avec l'aide de la Fondation, les inscriptions à l'école ont bondi, tout comme l'attention des enfants en classe, et ce, grâce à un repas chaud et équilibré servi le midi. Souvent le seul de la journée pour les quelque 1500 personnes qui en bénéficient.

Car au Mali, on meurt encore de faim. Littéralement. La crise alimentaire qui y sévit depuis 2008 rend l'apprentissage difficile. Grâce à cette aventure humanitaire, les participants ont amassé plus de 20 000$.

Linda Chatelain et Daniel Toutiras ont organisé le voyage pour venir en aide à la Fondation Paul Gérin-Lajoie. L'itinéraire a été ajusté pour notre groupe qui partira en janvier prochain, avec pour objectif ambitieux de recueillir 40 000$.

«C'est joindre l'utile à l'agréable en faisant de l'humanitaire, mais aussi du tourisme près des gens», explique Linda. «C'est un voyage doux avec la Fondation parce qu'on est bien encadré», renchérit Daniel.

Ce couple attachant sait transmettre avec passion son amour pour le Mali. Ma fébrilité monte d'un cran lorsqu'ils me racontent ce qui nous attend, prenant soin de ne pas révéler tous les punchs, pour ne pas gâcher mon plaisir sur place.

Un voyage chargé d'émotions

En 2010, François-Étienne Paré, Linda Chatelain et Daniel Toutiras ont tous trois été marqués par leur arrêt à Diarabougou, un village avec lequel la Fondation Paul Gérin-Lajoie tisse des liens. «C'était la fête! Les femmes avaient planifié une danse, les enfants avaient présenté un spectacle, les hommes tiraient du fusil… Ça avait duré deux jours», raconte François-Étienne, le regard illuminé. «Tous les chefs de village étaient là, se souvient Daniel. On était passés à la télévision le soir même. C'était un grand événement.» «Il y avait une haie d'honneur à n'en plus finir avec 300 personnes, jusqu'à la place centrale de l'école, décrit Linda. J'en parle et j'en ai encore des frissons!»

Ce voyage, chargé d'émotions, avait tout de même quelques côtés sombres. «Une des choses que je trouvais difficile, c'est d'être Blanc», avance prudemment François-Étienne Paré. Difficile d'exprimer une telle pensée sans risquer de choquer. Pourtant, dans ce pays rongé par la pauvreté, «Blanc» rime d'abord et avant tout avec «argent».

Les enfants lui réclamaient cadeaux, bonbons, crayons… Sa solution? Leur changer les idées en improvisant des séances d'exercices, auxquelles prenaient part avec enthousiasme les petits.

«Dans les villages où la Fondation intervient, c'est différent, a-t-il constaté. Les gens sont habitués de rencontrer des intervenants. Le rapport humain est plus facile à établir.»

C'est ce contact humain avec le peuple dogon qui m'anime tout particulièrement. J'ai hâte de vous livrer sur place mes impressions. C'est un rendez-vous du 20 janvier au 5 février.

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