Selon le propriétaire de la cabane à sucre Chez Dany, Dany Néron, le mauvais temps affecte le goût et la couleur de l’eau d’érable.
«Habituellement, les érables coulent pendant une vingtaine de jours. Cette année en Mauricie, nous n’avons récolté que pendant deux jours et demi», explique-t-il. Dans la plupart des érablières, les chaudières ont déjà disparu.
Les températures sous zéro retardent l’arrivée de la sève au sommet de l’arbre, empêchant celui-ci de faire de bourgeons. «Lorsqu’il y a des bourgeons dans l’arbre, le sirop n’est plus utilisable car il est de mauvaise qualité. Cette année avec la chaleur les bourgeons sont arrivés trop tôt», déplore-t-il en comprenant que tout cela est hors de son contrôle.
Les producteurs de la Mauricie comptent sur la Gaspésie et la région de la Beauce pour sauver la saison. «La faible quantité de neige a sans doute sauvé la production érablière», soutient Sylvain Routhier emballeur et transformateur de produits d’érable.
Puisqu’il y a eu peu de neige cet hiver, les racines d’arbres étaient gelées plus profondément. «Les érables n’ont pas complètement dégelé en Beauce, même avec les chaudes températures de la semaine dernière», dit-il.
Contrairement aux autres régions, les bourgeons n’ont pas eu le temps de sortir. «L’eau d’érable est moins sucrée mais les récoltes ne sont pas perdues. Avec les temps froids annoncés, nous devrions égaler et peut-être dépasser la production de l’an dernier», annonce Sylvain avec une once d’espoir dans la voix.

