Ce sont donc les coûts pour les repas (s’ils sont offerts), les frais mensuels de câble et pour les différents soins nécessaires pour le résident qui s’ajoutent alors.
«Il y a beaucoup de résidences de luxe qui se construisent actuellement. On se dit que ça n’a pas de bon sens: il faut toujours payer pour le moindre petit service. C’est certain que les gens qui ne bénéficient que de leur Pension de vieillesse et du Supplément de revenu garanti ne peuvent pas se payer ça», souligne Denise Proulx, coordonatrice de la Table de concertation Abus auprès des aînés de la Mauricie.
Pour des établissements réservés aux personnes âgées non autonomes, on parle de coûts avoisinant les 2000$ mensuellement et de 1600$ par mois en ce qui concerne les résidences pour personnes autonomes. Plusieurs aînés voient cependant ce déménagement en résidence comme une forme de sécurité supplémentaire.
«Ce ne sont plus vraiment des résidences. On a chacun notre appartement. C’est littéralement devenu des condos. En plus, ça nous évite le problème de la solitude: on côtoie beaucoup de personnes à chaque jour», confient quelques résidents croisés au hasard d’une photographie.
«Même si ça peut coûter 3000$ par mois, les aînés qui profitent de REER et de régimes de retraite sont déjà plus en mesure d’habiter ces établissements», commente pour sa part J. Claude Lainesse, porte-parole régional de l’Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP). «Vivre en résidence est d’abord un choix. Les gens qui vont dans certaines plus luxueuses sont conscients du coût qu’ils ont à payer et l’assument», ajoute la coordonatrice de la Table de concertation, qui, tout comme l’AQRP, préfère favoriser le soutien à domicile.
Ce serait du moins le concept idéal pour Diane Boisselle, présidente de l’Association québécoise des retraités (AQDR) de Trois-Rivières. Ce modèle de résidence permettrait aux aînés d’occuper l’étage supérieur tandis que les jeunes se trouveraient aux niveaux inférieurs. «Les retraités sont de plus en plus jeunes et veulent davantage des soins à domicile, mais les résidences intergénérationnelles donneraient la chance aux grands-parents de s’occuper de leurs petits-enfants, situés à l’étage inférieur, par exemple. On a déjà voulu mettre en branle ce projet, mais le gouvernement ne croyait pas que ça marcherait. Je ne pense pas que les grosses résidences soient la solution de l’avenir», insiste-t-elle.
Un marché lucratifQuant à lui, le maire Yves Lévesque considère que les investissements à venir sont signe qu’il existe un besoin en ce qui a trait aux résidences pour personnes âgées. D’ailleurs, le propriétaire des Résidences du Manoir, Ghislain Courtois, a annoncé, la semaine dernière, un investissement de 40 millions $ pour la construction d’une tierce résidence, celle-là dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. «Ça démontre que les aînés recherchent la sécurité et un milieu de vie intéressant. Ce projet de 40 millions est une bonne nouvelle; ça attire les gens ici», déclare-t-il. Cette résidence de 400 unités luxueuses sera bâtie d’après le même modèle que ses «sœurs» et offrira sensiblement les mêmes services et commodités pour les loisirs. Cependant, en dépit du vieillissement de la population qui s’annonce, il y aurait assez de résidences pour personnes âgées à Trois-Rivières, selon Mme Proulx, mais elle affirme qu’«il manque de places en CHSLD». Présentement, les CHSLD de Trois-Rivières comptent 660 places et on y note rarement plus de dix places disponibles, souligne Jocelyn Auger, conseiller en communication au Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières.
Une «vieille région»La Mauricie est considérée comme l’une des régions comptant le plus haut taux de personnes âgées. Des statistiques issues d’un rapport commandé par l’AQRP en 2007 prévoient qu’en 2026, près du tiers de la population mauricienne sera âgée de 65 ans et plus.




