Dirigé contre la campagne de meurtres des nazis envers les enfants et adultes handicapé, le sermon de l’évêque avait été prononcé le 3 août 1941.
Dix mois plus tard, vers juin 1942, des jeunes étudiants et étudiantes créent le mouvement de résistance La Rose Blanche. Ils en ont marre de voir les jeunes Allemands se faire enrôler de force par les nazis à travers deux mouvements : la Deutsches Jungvolk pour les 10 à14 ans et les Jeunesse hitlériennes pour les 14 à 18 ans.
Enrôlés de force? Oui et non car le spectacle offert par ces jeunes enrôlés pouvait être attrayant, comme l’explique Inge Scholl dans son livre La Rose Blanche: « Autre chose nous séduisit, qui revêtait pour nous une puissance mystérieuse : la jeunesse défilant en rangs serrés, drapeaux flottants, au son des roulements de tambour et des chants. Cette communauté n’avait-elle pas quelque chose d’invincible ? »
Les étudiants se réveillentÉtudiants à l’université de Munich, Hans, Sophie et Inge Scholl (frère et sœurs) font partie des Jeunesses hitlériennes. Ils n’ont pas le choix. Au début, ils trouvent l’exercice palpitant. Leur père par contre les met en garde contre les nazis qu’il qualifie de bandits.
Mais la fascination des jeunes Scholl sera de courte durée.
Lorsque des sociétés tombent dans les pattes de l’extrême-droite, comme ce fut le cas pour les Allemands devant les nazis, les universités restent souvent l’endroit où le sens critique est le plus difficile à abattre.
Souvenez-vous des manifs étudiantes au Québec le printemps dernier. Quel tapage face à un gouvernement Charest qui n’avait rien à voir avec les états autoritaires! Imaginez la réaction des étudiants si le gouvernement québécois avait été d’extrême-droite.
Revenons à la famille Scholl dans l’Allemagne des années 1940-45.
Au début, les trois étudiants militent contre le nazisme au sein d’un groupuscule frappé d’interdiction par l’état. D’autres étudiants de l’université de Munich les côtoient.
Selon Wikipedia, le premier tract distribué un peu partout dans Munich comporte la phrase : « Tout peut être sacrifié au plus grand bien de l'État, tout, sauf ce que l'État doit servir.»
Dans un atelier de peinture de Munich au printemps de 1942, ces mêmes étudiants vont un autre pas en avant et créent La Rose Blanche. Seulement neuf membres composent la cellule de résistance, y compris Hans Scholl et ses deux sœurs Sophie et Inge, et le professeur Kurt Huber.
L’été suivant, on fait circuler des tracts dans tout Munich. L’un d’entre eux attaque directement la politique d’Hitler à l’égard des Juifs : « Depuis la mainmise sur la Pologne, trois cent mille Juifs de ce pays ont été abattus comme des bêtes. C'est là le crime le plus abominable perpétré contre la dignité humaine, et aucun autre dans l'Histoire ne saurait lui être comparé.»
Petit à petit, le réseau s’organise et les tracts sont distribués dans d’autres villes allemandes et même en Autriche, dans des villes comme Vienne et Salzbourg. Des écrits contre les nazis apparaissent sur les murs de Munich. Des messages sont glissés sur les pare-brise des autos.
Dans l’un des tracts, les étudiants rappellent aux Allemands que, s’ils ne réagissent pas contre Hitler, leur génération risque de passer à l’histoire comme l’une des plus meurtrières de l’humanité.
D’autres étudiants et étudiantes embarquent dans le mouvement. Des intellectuels allemands emboîtent le pas. La Rose Blanche prend du pouvoir.
Dénoncés par un conciergeEn février 1943, Hans Scholl et sa sœur Sophie commettent un geste de trop. Ils envoient des centaines de tracts sur le campus de l’université de Munich. Le concierge les voit. Il les dénonce à la Gestapo.
Le 18 février, Hans et Sophie retournent à l’université pour écouler les derniers des quelque 1000 tracts qu’ils viennent de distribuer dans tout Munich.
Laissons Wikipedia raconter la suite de l’histoire : « Ils déposèrent les tracts restants dans la cour de l'université. Ils rejoignirent l'entrée aux alentours de 10 h 45. Ils portaient une valise et un cartable qui comportaient les exemplaires du sixième tract ainsi que certains du cinquième. Ils le déposèrent devant l’amphithéâtre encore clos et dans les couloirs. Alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie, ils firent demi-tour afin de déposer des tracts au premier étage. Ils coururent ensuite au second étage où Sophie lança des tracts par-dessus la rambarde. À ce moment-là, ils furent découverts par l’assistant Jacob Schmid qui les retint jusqu'à l'arrivée de la Gestapo.»
Hans et Sophie et un troisième militant sont immédiatement condamnés à mort sous les chefs de « haute trahison et intelligence avec l'ennemi, incitation à la haute trahison, atteinte à l'effort de défense, démoralisation des forces militaires ». Tous les trois ont reconnu leur culpabilité.
Durant le procès qui ne dura que trois heures, Hans déclare au juge nazi: « Aujourd'hui vous nous tuez, demain, c'est vous qui serez à notre place ».
Les trois militants sont guillotinés le jour même.
Les arrestations se multiplient à mesure que les preuves s’accumulent. Quelques mois plus tard, le professeur Huber et deux autres militants sont décapités. En tout et partout, 16 membres de la Rose Blanche passeront entre les griffes des nazis.
Inge Scholl sera plus chanceuse que son frère et sa sœur. Elle sera relâchée ainsi que d’autres membres de la famille après avoir été interrogée par les nazis.
Un tract célèbreLa Rose Blanche démantelée et ses membres exécutés, l’un des tracts du mouvement tombe entre les mains des aviateurs britanniques qui larguent des millions d’exemplaires sur les toits allemands.
Selon Wikipedia, le message enregistré était le suivant: « Prouvez par l'action que vous pensez autrement ! Déchirez le manteau d'indifférence dont vous avez recouvert votre cœur ! Décidez-vous avant qu'il ne soit trop tard…. »
(Avec l’aide de Wikipedia)
Cet article s'inscrit dans la série Histoires de crime qui renferme faits divers, procès célèbres et récits d'espionnage dont les archives se trouvent au www.lhebdojournal.com, actualités justice. Titres déjà publiés:
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