En revanche, le gouvernement a proposé une commission parlementaire qui aurait pour mandat d’étudier les impacts reliés au déclassement de la centrale Gentilly-2. Une suggestion qui fait bondir les deux députés.
«On est franchement déçu, laisse tomber Mme St-Amand. Le but de notre motion, c’était de regarder toutes les facettes du dossier de Gentilly-2 et d’entendre tous les gens concernés : des représentants d’Hydro-Québec, des représentants des employés, des acteurs socioéconomiques, les membres du comité d’actions stratégiques, etc..»
«Je suis déçu qu’on fasse une question de sémantique avec tout ça, a renchéri Donald Martel. C’est un débat important, surtout quand on sait qu’Hydro-Québec a déjà dépensé un milliard de dollars en prévision de la réfection (…).»
Danielle St-Amand se désole du manque d’écoute et de considération du gouvernement péquiste. «Ni la ministre des Ressources naturelles ni la Première ministre n’est à l’écoute des gens de chez nous. On est bafoué dans la région depuis le début de ce mandat. J’avais espoir que (le gouvernement) accepte la motion au moins par considération (…).»
À ses yeux, la proposition du gouvernement ne représente que la continuité de sa décision de fermer Gentilly-2. «Leur décision est unilatérale. Nous, on veut que tous les impacts soient étudiés.»
Leur position pourrait-elle inciter le gouvernement à finalement fermer complètement la porte à une commission parlementaire, quelle qu’elle soit? «Je suis confiante qu’on trouve un terrain d’entente, répond Danielle St-Amand. J’ai espoir qu’il réfléchisse aux impacts que (Gentilly-2) a sur notre communauté et qu’il en vienne à une proposition qui permettra d’étudier tout ça.»
Pour sa part, Donald Martel dit être intéressé à parler du déclassement, mais à l’intérieur d’une commission parlementaire qui engloberait d’autres sujets.
Rapport d’Hydro-Québec
L’un de ces sujets concerne le rapport d’Hydro-Québec sur le déclassement de la centrale Gentilly-2. Bien que les deux députés se défendent de le remettre en question, ni l’un ni l’autre ne nie avoir certaines interrogations à son sujet.
«Je ne doute pas du rapport d’Hydro-Québec, souligne Donald Martel. J’ai seulement des questions par rapport à son contenu.»
Ces questions se situent principalement au niveau des coûts. «J’aimerais que l’on questionne des gens de Point Lepreau pour savoir comment ils ont fait pour arriver à un coût de réfection de 2,5 G$ pour leur centrale. J’aimerais aussi qu’on parle aux gens de Bruce Power, qui ont réussi à compléter deux réfections pour le montant estimé par Hydro-Québec (4,3 G$)», énumère-t-il.
La députée de Trois-Rivières va quant à elle un peu plus loin dans ses déclarations. Selon elle, certains passages du rapport «peuvent donner l’impression que seuls les pires scénarios ont été envisagés» par Hydro-Québec. «Ce n’est pas vrai qu’il n’y a qu’un scénario radical, croit-elle. Il y a possiblement plusieurs scénarios. Étudions-les et prenons la meilleure décision possible pour les gens de chez nous et pour l’économie.»
*La motion déposée ce matin à l’Assemblée nationale se lisait comme suit : «Que l’Assemblée nationale confie le mandat à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles, d’étudier l’avenir de la centrale Gentilly-2. Qu’à cette fin, celle-ci procède dans les meilleurs délais à des audiences publiques à l’Assemblée nationale ainsi que dans les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec, soit dans les villes de Bécancour et de Trois-Rivières et qu'elle y tienne des consultations particulières afin d’entendre les organismes suivants : Hydro-Québec, les syndicats représentant les travailleurs de la centrale, le Comité d’actions stratégiques, ainsi que tout autre organisme qu'elle jugera nécessaire;
Que la Commission analyse toutes les données et les options envisageables quant à l’avenir de la centrale Gentilly-2, dont les coûts avancés dans le rapport d’Hydro-Québec, et qu'elle se penche sur la nature et les paramètres d’un plan de diversification économique pour les secteurs de la Mauricie et du Centre-du-Québec touchés par les pertes d’emplois associées à l’éventuelle fermeture de la centrale Gentilly-2. »

