«Je suis allée au bureau de scrutin du 4450 B, des Forges et on m'a seulement demandé mon nom et les coordonnées de ma circonscription d'origine, Repentigny, lorsque je me suis présentée», souligne-t-elle d'entrée de jeu. La jeune femme a dû signer une déclaration comme quoi elle ne voterait pas dans sa circonscription d'origine, mais jamais, on ne lui a demandé de présenter ses cartes. «Les gens qui travaillent pour les élections ont simplement contacté mon autre circonscription pour s'assurer que je ne vote pas deux fois, mais ne m'ont pas demandé mes cartes, même lorsque je leur ai demandé s'ils avaient besoin d'autres renseignements».
La directrice de scrutin de la circonscription de Trois-Rivières, Claudine Alarie, soutient qu'«on doit toujours demander les cartes» et va plus loin en affirmant que «comme ça s'est passé dans mon bureau (le vote), je l'aurais vu s'il y avait eu une erreur. Il y en a eu lors du vote par anticipation, mais pas lors du vote hors circonscription. C'est impossible.», s'insurge-t-elle.
Impossible ? Pas tant que ça.
En vertu de l'article 269 de la Loi électorale, l'électeur qui prête serment sur son identité n'a pas à fournir obligatoirement son permis de conduire et sa carte d'assurance-maladie. Un non-sens pour Mme Durocher, étudiante au Baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire. «Sur le coup, j'ai été surprise de la piètre qualité de leurs vérifications. C'est assez étonnant qu'ils n'aient pas vérifié plus que ça. C'est inquiétant. Je me sens un peu mal à l'aise avec mon vote», poursuit-elle.
Mais alors qu'arriverait-il si jamais quelqu'un s'était fait passer pour Mme Durocher mercredi matin ? «On ne peut pas reprendre le vote. Il a été glissé dans une enveloppe puis envoyé. Il est trop tard», affirme Caroline Paquin du Service aux médias du bureau du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), dans une discussion téléphonique avec l'Hebdo Journal. Elle s'empresse aussitôt de rajouter : «Vous savez, il y a des ratées dans certains bureaux, ce sont des choses qui arrivent parfois».
L'étudiante de l'UQTR confie avoir envoyé un courriel au bureau du DGEQ pour l'informer de la situation. «Je n'ai pas eu de nouvelles si ce n'est que l'on m'a demandé de quel bureau de scrutin il s'agissait», précise-t-elle. Une réponse qu'Ann-Julie Durocher n'obtiendra peut-être jamais.

