D’après le mémoire présenté à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) par Tracey Ann Powers intitulé «Les obstacles et les solutions des femmes entrepreneures des régions ressources du Québec», la majorité des obstacles vécus par les femmes entrepreneures se catégorisent en cinq grandes problématiques telles que l’accès au capital, la performance des entreprises, le réseautage, la formation et la conciliation travail-famille.
«Contrairement à ce qu’on imagine, ce n’est pas vrai que c’est aussi facile d’aller chercher du financement pour un homme que pour une femme. Les femmes sentent bien que leur statut est considéré différemment. En plus du secteur d’activité dans lequel elle va se lancer, les institutions financières cherchent à savoir sa situation familiale. Par exemple, si elle est monoparentale, elle risque de prospérer moins vite. C’est justement une des raisons pour laquelle la femme va se lancer en affaires plus tard, vers 35-40 ans. Généralement, ces questions ne sont pas posées aux hommes», souligne Marie-Pier Matteau, directrice générale de Femmessor Mauricie.
Plus de femmesSigne que la tendance semble s’inverser, la gent féminine prend de plus en plus sa place dans des postes décisionnels depuis quelques années.
À ce titre, à la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières (CCITR), la proportion des femmes est passée de 21 % en 2005-2006 à 29 % en 2011-2012.
«Les femmes sont de plus en plus présentes et c’est tant mieux. Ça donne une autre couleur au monde des affaires puisqu’elles ont leur propre créneau. La Chambre s’est adaptée à cette nouvelle réalité notamment lors du Gala Radisson en scindant en deux le titre de personnalité de l’année. Cette année, nous nous sommes fixé comme mandat d’élargir nos bases et une des manières de faire sera d’offrir des services au féminin», explique Patrick Charlebois, président de la CCITR.
«Autant les hommes que les femmes ont à apprendre de l’autre en affaires et ça crée une diversité des compétences», ajoute Mme Matteau.
Du côté de la Jeune Chambre de commerce de la Mauricie (JCCM), la répartition des sexes est toutefois un peu plus équitable alors que 49 % des membres sont des femmes.
«À la JCCM, nous avons une belle égalité et c’est peut-être une vision du futur. C’est lorsque nous arrivons en affaires que c’est totalement différent. C’est un milieu plus masculin ou c’est plus dur pour la femme de prendre sa place», avise Kathy Béliveau, directrice générale de la JCCM.
Les femmes en relèveDes moyens financiers sont également mis en place afin d’aider les entrepreneures à percer dans le milieu.
Par exemple, chez Femmessor, un des critères pour soutenir une future entreprise est que la femme doit détenir un minimum de 51% des parts.
«De plus en plus de moyens sont mis à la disposition des femmes. Pour notre part, nous ne jugeons pas le secteur d’activité, mais comme tous les prêteurs, nous faisons une évaluation du risque et du profil. À cette étape, il faut démontrer que la viabilité et le plan d’affaires sont solides», soutient Mme Matteau.
«Je suis convaincue que le monde des affaires va changer avec toutes les politiques mises en place», expose Mme Béliveau.
«Souvent, des relèves d’entreprise sont faites par des femmes aujourd’hui», conclut M. Charlebois.

