Selon Steven Morinville, directeur création et développement des entreprises chez Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, le futur de la région passe également par le développement des entrepreneurs.
«Il faut être en mesure de sensibiliser les gens aux opportunités d’affaires et créer des environnements favorables au développement de leurs aptitudes. Les futurs entrepreneurs se doivent d’avoir le meilleur contexte possible pour améliorer leurs compétences et se chercher des appuis. Le fait de s’entourer de personnes compétentes telles que des avocats, des notaires et surtout un mentor est extrêmement positif. C’est un fait: plus on commence tôt la sensibilisation, moins on va tomber dans le piège des mauvaises habitudes. Il faut être bien outillé avant de se lancer», indique celui qui œuvre depuis une quinzaine d’années auprès des entrepreneurs.
«Le développement est primordial, car actuellement, sept entrepreneurs sur dix n’ont pas de relève. Il faut que les acteurs du milieu se mobilisent pour remédier à cette situation. L’important est de savoir bien s’entourer. De plus, le fait d’aller chercher un mentor qui va nous appuyer aidera grandement à cibler les priorités», mentionne Marie-France Turcotte, agente de sensibilisation à l’entrepreneuriat jeunesse au Carrefour jeunesse-emploi Trois-Rivières/MRC des Chenaux.
De son côté, Marie-Pier Matteau, directrice générale de Femmessor Mauricie, apporte une touche différente.
«C’est essentiel, car l’avenir passe par les PME et la diversification économique, notamment par l’entrepreneuriat féminin et immigrant. Bientôt, on verra davantage de femmes reprendre des entreprises. Il faut que les gens sentent un encadrement au-delà de l’ouverture d’entreprise», expose-t-elle.
Ça prend des prédispositionsLes intervenants sont unanimes sur un point, certaines qualités sont nécessaires si on désire se lancer dans l’entrepreneuriat, car devenir un entrepreneur n’est pas donné à Monsieur et Madame Tout-le-monde.
«Il ne faut pas utiliser la technique de la mitraillette et tirer partout pour tenter d’accrocher des gens. Il faut cibler ceux qui ont les meilleures chances de succès. En comparaison, un entrepreneur est comme un athlète, il doit avoir le physique pour bien performer dans son domaine. Nous devons davantage miser sur la qualité plutôt que sur le nombre», établit M. Morinville.
Mme Matteau abonde dans le même sens.
«Je crois que certaines qualités peuvent se développer, mais que d’autres, tel le goût du risque, doivent être innées. Il y a un profil de base à respecter et ça, on le voit dès le jeune âge. Bref, la culture entrepreneuriale ne peut se développer que si nous sommes des entrepreneurs dans l’âme», soutient-elle.
«Même si tu as une base en gestion ça ne veut pas dire que tu vas devenir entrepreneur et l’inverse aussi est possible. Des prédispositions comme le goût du risque, la persévérance, la confiance en soi, l’autodiscipline, le sens de l’initiative, la résistance au stress, la santé, l’énergie et les aptitudes communicationnelles sont nécessaires pour se sentir à l’aise dans ce milieu», ajoute Mme Turcotte.
Des formations adéquatesAfin de donner tous les outils possibles aux entrepreneurs de demain, plusieurs formations sont offertes en Mauricie, entre autres au Centre d'entrepreneuriat de Shawinigan.
«Le milieu doit se mobiliser et faire front commun pour assurer une diversification de notre économie», fait observer Mme Matteau.
Pour sa part, M. Morinville ne prône pas exclusivement la diversification économique.
«La diversification a toujours sa place, mais la performance aussi est importante. Ici, nous avons de beaux exemples avec Marmen et Hardy Filtration», conclut-il.

