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Je consomme donc je suis

Martin Sylvestre
Publié le 14 Juin 2012
Publié le 14 Juin 2012
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L’époque de la simplicité volontaire est révolue. Bienvenue dans l’ère du marketing et de la surconsommation excessive.

Sujets :
Collège Laflèche , Centre d'Intervention Budgétaire

De nos jours, nous n’avons pas besoin d’aller bien loin pour nous apercevoir que le tape-à-l’œil et l’image prennent de plus en plus d’espace dans notre société. La publicité et le marketing nous vantent sans cesse de nouveaux produits qui sont soi-disant meilleurs pour nous. Mais, est-ce la vérité ou simplement une tendance que le commun des mortels est dans l’obligation de suivre?

«On est ce qu’on consomme, voilà la réflexion de notre société d’aujourd’hui. Pour changer, on doit se poser les questions suivantes, nos besoins réels sont-ils différents de ce qu’on nous propose? Est-ce qu’on en a réellement besoin? Laisse-t-on aux autres le loisir de déterminer nos besoins? La réponse à cette dernière question a toujours été le propre de la publicité», avise Stéphane Roy, professeur de sociologie au Collège Laflèche.

«La société change, notamment au niveau technologique avec les télévisions et les cellulaires qui évoluent chaque jour. C’est difficile de ne pas succomber, car on nous en offre toujours plus. La publicité nous rend vulnérables», ajoute Monique Émond, coordonnatrice du Centre d'Intervention Budgétaire et Sociale de la Mauricie (CIBES).

La faute d’Henry Ford

Pourtant, à une autre époque, les gens n’avaient pas de telles préoccupations. Selon M. Roy, les balbutiements de la surconsommation datent des débuts de l’industrialisation.

«Le phénomène a été initié avec l’apparition du Model T d’Henry Ford. Pour vendre ses véhicules, ce dernier a réuni les conditions de temps, d’argent et de besoin pour créer des consommateurs de masse. Avant, les gens subvenaient à leurs besoins par leurs propres moyens. La disparition des cordonniers est un exemple flagrant. Maintenant, on ne change plus nos souliers parce qu’ils sont usés, mais simplement pour suivre la mode. De plus, cette situation a été accélérée par les médias», expose-t-il.

Des limites

Selon le sociologue, des limites à cette surconsommation, autant financières qu’environnementales, seront atteintes dans un avenir plus ou moins lointain.

«Tout ce qu’on consomme se retrouve dans les dépotoirs. Si les Chinois et les Indiens consommaient comme les Nord-Américains, ça nous prendrait au minimum deux planètes, une pour subvenir aux besoins et une autre pour absorber les déchets. C’est inquiétant, car la tendance s’en va vers ça. De grosses remises en question devront être faites sur ce qu’on consomme et sur ce qu’on nous propose. Bref, les modèles économiques actuels devront être revus, car nous atteindrons un plateau un jour», confie-t-il.

Surconsommation et achat compulsif

Bien qu’il puisse s’agir d’une minorité de gens, certains sont pris avec une pathologie d’acheteur compulsif.

«Les gens qui achètent de façon compulsive peuvent être comparés à ceux qui ont d’autres dépendances comme l’alcool et la drogue. C’est là qu’il faut faire une distinction avec la surconsommation, car ce n’est pas la même problématique», mentionne M. Roy.

La sonnette d’alarme est également tirée du côté de Mme Émond.

«L’accessibilité au crédit est un accélérant à cette surconsommation. Le danger est qu’on n’arrive plus. C’est une bataille continuelle et ça prend quelqu’un de fort pour s’en sortir. Par ailleurs, l’achat compulsif n’est pas une tendance, mais une pathologie qui nécessite une intervention psychologique comme pour n’importe quelle dépendance», conclut-elle.

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